Blog

Savoirs

Nature juridique et fonction politique des monnaies et cryptomonnaies

Valérie Bugault
Valérie Bugault, auteure de Étude et analyse juridique du concept monétaire et de son évolution, est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique.

Le concept de cryptomonnaie ne peut être compris qu’à partir du moment où le concept de monnaie est lui-même établi et compris. La monnaie ne faisant pas suffisamment l’objet d’attentions juridiques, les cryptomonnaies sont, d’une façon générale, laissées à l’entière direction discrétionnaire des seuls et rares banquiers qui maîtrisent de fond en comble le concept monétaire.

 

 

Monnaie et cryptomonnaie : quelques précisions techniques

Depuis la mise en œuvre systématique en France de la « théorie pure du droit »d’Hans Kelsen, les juristes se sont interdits de réfléchir à la philosophie des techniques juridiques, c’est-à-dire qu’ils se sont interdits de réfléchir aux conséquences sociétales à moyen et long terme des techniques qu’ils utilisent. Il en a résulté que ces techniques, toujours plus subtiles et complexes, sont devenues essentiellement dictées par les contraintes économiques. Autrement dit, les techniques juridiques telles qu’actuellement comprises ne font que mettre en œuvre la volonté hégémonique des banquiers dominants qui organisent et maîtrisent les règles de fonctionnement du système économique. Les juristes sont devenus des « ouvriers du bâtiment », pendant que les économistes en sont les « architectes ». Le « commanditaire du bâtiment » en question, qui se trouve dans les hautes sphères capitalistiques, est quant à lui à la recherche du pouvoir intégral ; dans cet objectif, la monnaie, la règlementation et l’économie lui servent de marchepied.

Ainsi, les juristes sont, au fil du temps, devenus de simples exécutants du « droit »; ils ont abdiqué, au sein de la Société, leur rôle et leur fonction « d’initiateurs des normes organisationnelles ». Dans ce contexte, il ne faut pas s’étonner que le « droit » suive le « modèle » anglo-saxon dans lequel la norme est une pure règlementation au profit des acteurs économiques dominants. Le « droit » ainsi compris s’apparente de plus en plus à la mise en œuvre d’un ordre commercial supérieur, il n’est plus le garant d’un ordre civil de nature sociétal et civilisationnel.

Le pouvoir politique démocratique ne saurait se passer de l’analyse juridique. Il est donc grand temps que les juristes se réapproprient les tenants et les aboutissants des principes universels de la vie en commun, principes parmi lesquels la monnaie occupe, en tant qu’institution, une place tout à fait centrale, pour ne pas dire prépondérante.

Monnaie fiduciaire et monnaie scripturale : un même concept frelaté

La monnaie telle qu’actuellement conçue tourne en réalité autour de graves incohérences théoriques, ces incohérences ont-elles-mêmes permis et incité de grossières manipulations du concept monétaire au profit des banquiers.

LES INCOHÉRENCES DU CONCEPT MONÉTAIRE

Si l’on analyse le principe qui préside à la création de la monnaie dite fiduciaire, qui prend la forme de pièces et de billets, on découvre que la distinction avec la monnaie scripturale, présentée comme le principal problème monétaire, est essentiellement une question de quantité et non de qualité. Pour s’en convaincre, il convient de revenir aux fondamentaux du fonctionnement historique du système monétaire.

L’origine du « système de réserve fractionnaire » a commencé par la pratique de la lettre de change qui a permis aux orfèvres-changeurs de prêter plus d’or qu’ils n’en avaient réellement en réserve dans leurs coffres.

Or, en termes d’évolution grand public, l’héritier de la lettre de change, réservée aux commerçants, est le chèque, qui est une lettre de change non autorisée à circuler au-delà de son destinataire initial (lettre de change non circulante). Le chèque, exemple type de monnaie scripturale, est lui-même une évolution et une sorte de généralisation de la pratique des « lettres de change ».

Les actuels pièces et billets de banque, qui ne sont ni en or ni en argent, sont tout aussi des héritiers de cette pratique consistant, pour les banquiers, à prêter plus d’argent qu’ils n’en ont en réserve. En effet, pièces et billets sont, aujourd’hui et de longue date, fabriqués sans garantie intrinsèque d’être corrélés par une matière première précieuse.

La confiance en les pièces et billets actuellement en circulation (monnaie fiduciaire) est, dans une très large mesure, artificielle dans le sens où elle n’est pas clairement adossée à un bien précieux (or et argent) mais repose en grande partie sur la crédibilité économique de l’État qui les émet. Or, cette crédibilité est aujourd’hui tendancieuse : elle relève plus du rapport de force oligarchique – par le biais du nombre et du dynamisme des multinationales (en particulier des banques) dont le siège social se situe dans l’État considéré – et militaire que de la réalité économique de l’État en question.

Ainsi, alors que les pièces et billets, monnaie fiduciaire, représentent une monnaie matérielle garantie par l’État, il se trouve qu’en réalité ce type de monnaie a la même nature intrinsèque que la monnaie scripturale : ni l’une ni l’autre de ces formes monétaires ne bénéficie d’une quelconque garantie matérielle intrinsèque. La distinction faite entre monnaie fiduciaire et monnaie scripturale induit le raisonnement en erreur (erreur fatale) car cette distinction est davantage une question quantitative que qualitative : la nature fondamentale des deux types de monnaies (fiduciaire ou scripturale) est la même : elle est fondée sur une confiance qui n’est adossée à aucune contrepartie matérielle palpable.

Il en résulte que la distinction entre monnaie fiduciaire et monnaie scripturale masque l’essentiel du problème monétaire réel pour ne concentrer l’attention que sur les manipulations monétaires les plus grossières et les plus évidentes, celles issues de la seule monnaie scripturale. Les monnaies, quelle que soit leur forme, ne sont plus adossées à une valeur matérielle tangible.

Il faut revenir aux fondamentaux qui permettent de voir que les banques, pourtant à l’origine de la conception strictement matérialiste de la monnaie, ont elles-mêmes perverti le concept monétaire matérialiste en dématérialisant cette monnaie. Il en résulte que la confiance mise dans des monnaies d’État n’est plus assise, adossée, à un, ou même à plusieurs biens matériels, mais à des concepts économiques, aussi fumeux qu’inconstants, du type « PIB » ; rappelons que les Produit Intérieur Brut des pays de l’Union européenne ont récemment introduit dans leur calcul le trafic de drogue et la prostitution, qui est un trafic d’êtres humains. Ainsi, la confiance en les monnaies d’État, qu’elles soient fiduciaires ou scripturales, est devenue très largement artificielle.

Dans le même temps que se produisait l’évolution décrite ci-dessus, les monnaies ont consciencieusement conservé la caractéristique de « réserve de valeur », qui en fait une « marchandise », un « bien dans le commerce », autrement dit une « devise » sur les marchés.

Ainsi, alors que la monnaie n’est techniquement plus adossée à une confiance inhérente à sa valeur intrinsèque, sur laquelle était assise la conception matérialiste de la monnaie, elle conserve néanmoins les caractéristiques d’une conception strictement matérialiste. C’est précisément cette conception matérialiste de la monnaie, qui rend possible toutes les manipulations, que les banquiers veulent préserver à tout prix. Car cette conception matérialiste de la monnaie permet, in fine, l’appropriation du concept monétaire dans des mains privées.

Les forces économiques dominatrices veulent conserver cachée cette incohérence fondamentale du concept monétaire afin d’éviter tous débats de fonds pouvant aboutir à un changement de paradigme monétaire.

LES MANIPULATIONS GROSSIÈRES ISSUES DE LA MONNAIE SCRIPTURALE

En parlant des manipulations grossières, attardons-nous un instant sur la création monétaire dématérialisée, autrement dit sur la « monnaie scripturale »créée par simple jeu d’écriture comptable par les banques émettrices de crédits (sous forme de prêts). La seule réelle limite à cette capacité monétaire des banques privées à créer de la monnaie réside dans ce qu’il est convenu d’appeler la « réserve fractionnaire », dont le niveau théorique, en forme de pourcentage, est déterminé et contrôlé par les banques centrales. En occident, cette réserve fractionnaire s’apparente à une sorte « d’imposture » en raison de son niveau d’exigence extrêmement faible ; les banques sont quasiment autorisées à créer autant de monnaie qu’elles le veulent. En outre, il s’avère, que, concrètement, ce sont les banques privées elles-mêmes qui définissent le niveau de ce que sera la « réserve fractionnaire » ; elles adaptent en effet elles-mêmes le niveau de crédit qu’elles émettront afin de respecter le pourcentage formel de la « réserve fractionnaire »Ce ne sont pas les dépôts qui font les crédits mais tout au contraire les crédits qui font les dépôts, c’est-à-dire l’essentiel des actifs bancaires.

Rien de tout cela ne doit surprendre car, par construction, les banques centrales sont des émanations des banques privées. Historiquement, ce sont les banquiers privés qui ont créé et développé le concept de « banque centrale ». Les banquiers privés n’ont actuellement autant qu’historiquement, indépendamment du statut juridique desdites banques centrales (publique ou privée), jamais perdu le contrôle effectif des banques centrales faussement représentées comme des Établissements au service de la collectivité des ressortissants d’un pays. Ces banques se revendiquent d’ailleurs « indépendantes » du pouvoir politique.

D’un point de vue juridique : en matière monétaire et financière, les banquiers sont à la fois juges et partis : ils produisent la monnaie, s’occupent de sa circulation et règlementent les pratiques monétaires. En matière monétaire, nous ne sommes pas sur un terrain politique de type démocratique, nous sommes sur le terrain du « pouvoir absolu », un pouvoir que se sont octroyés, par la ruse, les banquiers et qui est dénué de tout réel contre-pouvoir.

La nature juridique contradictoire de la monnaie n’est pas modifiée par le concept de cryptomonnaie

Le concept monétaire est actuellement subverti par l’ambivalence de la définition, aujourd’hui considérée comme acquise, de la monnaie. La monnaie telle qu’actuellement conçue est définie par une double nature, qui l’empêche d’être opérationnelle d’un point de vue social et civilisationnel.

Le concept de cryptomonnaie non seulement ne résout pas ce problème fondamental de la « nature » problématique de la monnaie mais, tout au contraire, en aggrave les effets anti-civilisationnels par la systématisation de sa dématérialisation.

MONNAIE ET CRYPTOMONNAIE : UNE MÊME NATURE JURIDIQUE CONTRADICTOIRE : À LA FOIS « UNITÉ DE MESURE » ET « RÉSERVE DE VALEUR »

Le problème juridique essentiel de la « monnaie » résulte de sa nature juridique intrinsèque. Actuellement et depuis l’Antiquité (depuis Aristote tel qu’actuellement interprété), la monnaie est définie comme étant une « réserve de valeur ». Dans le contexte matérialiste dans lequel nous vivons, la signification profonde de cette définition est la suivante : en tant que « réserve de valeur », la monnaie est assimilée à un « bien matériel », à une marchandise dans le langage des économistes. Bien que la monnaie soit aujourd’hui très largement dématérialisée, le concept monétaire reste inchangé et la monnaie continue à être considérée comme un « bien », devenu immatériel, mais néanmoins toujours « dans le commerce ».

Or, les connaissances archéologiques révèlent que le concept monétaire a été inventé, non pas pour remplacer le troc (comme cela est fallacieusement traditionnellement enseigné depuis les Lumières afin de le rendre indépendant du pouvoir politique) mais pour servir à fluidifier et simplifier les échanges. Il s’agit bien d’un « concept », et non d’un « bien matériel », qui a été conçu dans l’objectif de faciliter les échanges économiques.

La monnaie est donc, par essence, un « service public » de facilitation des échanges. Juridiquement parlant, la monnaie correspond au concept « d’institution », sa nature étant éminemment, et par essence, politique. Encore faut-il préciser que nous employons le terme « politique » dans son sens sémantique réel, c’est-à-dire dans le sens initial où la « politique » est « l’organisation de la vie de la Cité ».

La monnaie est, par essence, un service rendu à la collectivité par ceux qui contrôlent et dirigent ladite collectivité, en aucun cas un « bien » dans le commerce. Or, il résulte de la conception purement matérialiste de la monnaie qui prévaut depuis, a minima, le Moyen-Âge, que la monnaie, en tant que « réserve de valeur » est assimilée à un « bien » dans le commerce. Ce bien, matériel du temps des changeurs, est aujourd’hui, notamment en raison des besoins liés à l’avènement d’une « monnaie mondiale », devenu totalement immatériel ; il n’est reste pas moins que la monnaie s’analyse encore aujourd’hui en un « bien », une « marchandise dématérialisée » (sic), sujet de transactions commerciales.

Cette mésinterprétation de la monnaie, conçue comme un bien matériel et non comme un service public, résulte, pour partie, du fait que, traditionnellement (qui n’est pas synonyme d’initialement) les métaux précieux (or et argent) ont été utilisés par les orfèvres-changeurs du Moyen-Âge pour formuler, matérialiser, le concept monétaire ; l’or et l’argent ont été le « vecteur matériel » du concept monétaire. Fondamentalement et conceptuellement, le vecteur utilisé pour faire circuler la monnaie (que ce vecteur soit matériel ou immatériel) est l’une des composantes du concept monétaire ; la monnaie, en tant qu’institution chargée d’un service public, n’est pas réductible à son vecteur matériel.

Ultérieurement, dans le cadre du conflit entre nominalistes et réalistes, et pour réduire le pouvoir politique des princes, la papauté a pris le parti nominaliste de considérer que la valeur de la monnaie était réduite à la valeur du poids de métal précieux qui la composait ; il s’agissait alors de nier la valeur supplémentaire de la monnaie résultant du pouvoir exorbitant qu’il implique pour son émetteur, appelé droit de seigneuriage. Cette prise de position a alimenté, sur le long terme, une conception strictement matérialiste du concept monétaire.

De fil en aiguille, il est devenu de notoriété publique que la « monnaie » était une « réserve de valeur ». En tant que « réserve de valeur », la monnaie acquiert dès lors un statut de « bien » (« marchandise »), susceptible d’être acheté et vendu sur un marché. La monnaie peut donc faire l’objet de transactions commerciales ; elle se trouve aujourd’hui sur les marchés en tant que « devise ». Qui dit « sur le marché »dit aussi, par voie de conséquence, à la fois soumise à « spéculation » et à accaparement.

L’accaparement de l’or et de l’argent a été précisément la technique utilisée par les changeurs du Moyen-Âge pour prendre le contrôle monétaire. Ce contrôle monétaire a entraîné le contrôle du phénomène économique puis politique des États ; il permettra bientôt la disparition du concept d’État, du phénomène politique et, finalement, de la civilisation.

En conclusion, il faut insister sur le phénomène suivant : une monnaie dématérialisée sous forme « d’institution » chargée d’un service public, politiquement dûment contrôlé, ne poserait aucun problème. En d’autres termes, ce n’est pas la forme, matérielle ou immatérielle, de la monnaie qui pose problèmes mais bien le fond de sa définition, qui autorise ou non son contrôle par des intérêts privés.

LE PROBLÈME POLITIQUE FONDAMENTAL POSÉ PAR L’ACTUELLE CONCEPTION MONÉTAIRE

La fonction consistant à « faciliter les échanges » de la monnaie est le fondement de son existence, sa raison d’être initiale. Cette fonction, éminemment sociale, de la monnaie est représentée par le fait qu’elle est une « unité de mesure », autrement dit « une norme sociale ». Or, la caractéristique de « réserve de valeur »de la monnaie est en opposition directe avec sa fonction sociale consistant à faciliter, et par voie de conséquence à développer, les échanges.

Un « bien » qui est objet de spéculation ou d’accaparement ne circule pas, ou circule mal. L’objectif des accapareurs est de raréfier la demande afin de faire augmenter artificiellement les prix du bien en question, en l’occurrence la « monnaie ». Si la monnaie est accaparée, elle devient donc « rare » et ne permet, de façon mécanique, pas d’être utilisée dans tous les échanges. Cette vérité est d’autant plus critique que le niveau des besoins d’échanges d’une société déterminée est élevé.

La spéculation sur la monnaie a pour objectif de modifier artificiellement les cours de la devise en question, soit à la hausse soit à la baisse, dans l’objectif d’obtenir un affaiblissement politique de l’État visé par la manœuvre. Ici encore, il n’est pas question d’améliorer la fluidité des échanges mais d’utiliser la monnaie comme une arme pour affaiblir le phénomène politique.

Une monnaie qui fait l’objet d’accaparement ou de spéculation n’est plus en mesure de remplir le rôle de facilitation des échanges pour lequel elle avait précisément été conçue qui est sa raison d’être et qui correspond à son caractère « d’unité de mesure ».

Autrement exprimé, la monnaie conçue comme une « réserve de valeur » revient à privatiser le concept monétaire, qui devient « propriété des accapareurs et des spéculateurs », ce qui a pour effet mécanique de retirer à la monnaie sa fonction primordiale de « service public ». La monnaie devient en conséquence un moyen politique d’action au profit d’intérêts catégoriels de nature privée. De « service public », la monnaie se transforme en « service privé » à des fins de prise de pouvoir politique. Le concept « politique » perdant lui-même au passage son sens et sa raison d’être puisqu’il n’est plus au service du développement et de l’organisation d’une collectivité déterminée. On comprend ainsi comment la monnaie est devenue un simple instrument de prise de pouvoir politique aux mains des banquiers. On comprend aussi comment, par le biais du contrôle monétaire, le « fait politique » a perdu sa souveraineté pour être intégralement mis au service du « fait économique ».

Pour résumer : les deux caractéristiques juridiques de la monnaie sont incompatibles entre elles, alors que la seconde caractéristique (« réserve de valeur ») a pris le pas sur la première (« unité de mesure »), il en résulte que la monnaie ne peut structurellement plus remplir le rôle de « facilitation des échanges » pour lequel elle avait précisément été conçue. La fonction monétaire a été, pour le plus grand préjudice des peuples, détournée et privatisée.

LE CAS PARTICULIER DES CRYPTOMONNAIES

Les cryptomonnaies sont, par construction, conçues comme des « réserves de valeur » : la valeur d’une cryptomonnaie est celle qui sera discrétionnairement accordée au projet économique sous-jacent par les personnes à l’initiative de l’émission de la cryptomonnaie (les fameuses « ICO »). Un peu à la façon des actions de sociétés commerciales, cette valeur variera dans le temps au gré de l’offre et de la demande (voir, à titre d’exemple le développement exponentiel de la valeur du Bitcoin depuis son apparition ainsi que ses larges fluctuation depuis). Les cryptomonnaies ont leurs plateformes de marché sur lesquelles elles peuvent librement s’acheter et se revendre.

Or, en l’état actuel des choses, il existe malheureusement des acteurs économiques dominants qui interviennent, de façon active, sur tout type de marchés (notamment celui des devises), pour fausser artificiellement la valeur des biens, en l’occurrence celle des monnaies et cryptomonnaies. Par le biais de leurs pratiques, éventuellement concertées, ces acteurs faussent les marchés ; lesquels ne sont absolument plus libres. Pour mémoire, rappelons l’intervention, en septembre 1992, de Georges Soros pour faire tomber la valeur de la livre sterling, pensons également à la « crise asiatique » de 1997. Plus récemment, rappelons la raison initiale, début 2010, de la « crise Grecque »très explicitement décrite par Myret Zaki comme ayant débuté par une conjonction de mauvaises nouvelles propagées par des agences de notation suivies de l’action concertée de cinq Hedge Funds, dont celui du fameux Soros.

Ainsi, en matière de cryptomonnaies nous cumulons les aléas économiques :

  1. À l’aléa résultant de la pertinence de la valorisation initiale de la monnaie en fonction du projet économique sous-jacent ayant justifié « l’ICO » (l’émission de cryptomonnaie), s’ajoute
  2. L’aléa lié au risque de spéculation sur les marchés.

S’agissant de cryptomonnaies, nous sommes au surplus dans un cadre totalement virtuel, lié à la capacité des places de marchés ou des fonds à défendre techniquement leur outil contre des hackers, pirates ou corsaires informatiques selon les cas. Ainsi, certaines places de marchés et certains fonds d’investissements en cryptomonnaies ont d’ores et déjà dû fermer pour vol et piratage en ligne.

Bien que cette remarque ne soit pas dirimante (le vol de pièces et billets existait également), il faut évidemment prendre en compte le risque technologique lié à la dématérialisation. Alors que, dans le cas des monnaies traditionnelles, la victime du vol disposait de moyens personnels, plus ou moins efficace, pour se prémunir contre ce type de délit, l’utilisation de cryptomonnaies a pour conséquence de départir ses utilisateurs de toute capacité individuelle de prévention d’un tel délit.

La dématérialisation a pour effet de déposséder les individus de tout pouvoir de contrôle effectif sur leurs avoirs monétaires.

Différence entre cryptomonnaie d’État et cryptomonnaie privée : la question fondamentale de la garantie publique

Lorsque l’on évoque la question des cryptomonnaies, il convient de bien distinguer deux cas de figure, par nature très différents : une cryptomonnaie d’État ne pose, fondamentalement, pas les mêmes problèmes qu’une cryptomonnaie privée. Les deux formes de cryptomonnaies sont néanmoins extrêmement préoccupantes du point de vue de la liberté politique des individus et des peuples.

DÉFINITION ET ANALYSE DE LA CRYPTOMONNAIE D’ÉTAT

Les cryptomonnaies d’État sont en réalité des monnaies publiques sous forme dématérialisée. La différence fondamentale entre une actuelle monnaie étatique et une cryptomonnaie d’État est le vecteur, totalement dématérialisé, utilisé pour la mise en fonction et la circulation de la seconde (cryptomonnaie d’État).

Rappelons qu’aujourd’hui la création et la circulation monétaire (monnaie étatique) se font sous deux formes, distinctes mais cumulatives :

  1. Une circulation partiellement matérielle par échange de pièces ou billets (monnaie fiduciaire). L’émission de monnaie fiduciaire, qui fait l’objet d’une création physique, est réalisée par la banque centrale elle-même. Concernant la circulation ultérieure de cette monnaie formalisée sous forme de pièces et billets, elle peut également se faire, lorsqu’elle n’est pas stockée sur des comptes, de façon matérielle par un transfert de mains en mains des pièces et des billets.
  2. Une circulation, pour une très large part, dématérialisée (monnaie scripturale), effectuée par un simple jeu d’écriture comptable. Il faut ici préciser qu’en dehors de la question de la création monétaire, matérielle (monnaie fiduciaire) ou immatérielle (monnaie scripturale), les fonds détenus par les particuliers circulent de façon très largement dématérialisée par le simple jeu d’une double écriture comptable (actif-passif). Il en est ainsi depuis que les États ont imposé à leurs ressortissants les règles du jeu posées par les banquiers en imposant que les paiements soient émis sur un compte en banque à partir d’une certaine somme (dont le montant limite est historiquement toujours revu à la baisse).

Une autre différence entre monnaie étatique et cryptomonnaie d’État se situe dans la garantie de confidentialité des données dématérialisées privées incluses dans les chaînes de blocs (blockchains).

Il convient ici de préciser que nous n’évoquons, à ce stade de la discussion, que la circulation monétaire stricto sensu, nous ne parlons ni du problème de la création monétaire, ni des biens matériels ou immatériels qui garantissent la valeur d’une monnaie ou d’une cryptomonnaie c’est-à-dire les éléments sur lesquels ladite monnaie est adossée.

Nous évoquons ici le seul sujet de la forme de la circulation monétaire (partiellement matérielle d’un côté, totalement immatérielle de l’autre) qui différencie la forme monétaire actuelle d’une cryptomonnaie. L’actuelle monnaie circule sous forme matérielle et immatérielle tandis que les cryptomonnaies ne pourront circuler que sous forme exclusivement dématérialisée. Or, une monnaie dématérialisée permet de tracer la quasi-intégralité des mouvements qui affectent les individus donneurs d’ordre et ces mouvements seront tous collectés par voie électronique (dématérialisée et décentralisée). Sans même évoquer la question du « hackage », se profile celle, essentielle, de la mainmise étatique sur l’affectation concrète de la monnaie : rien ne garantit les personnes utilisatrices d’une monnaie intégralement dématérialisée contre des actes frauduleux et mal intentionnées d’un État aux mains des principaux propriétaires de capitaux.

Derrière la dématérialisation monétaire forcée se trouve la question de la liberté individuelle et de la défense des ressortissants contre des autorités politiques dictatoriales.

LA DIFFÉRENCE FONDAMENTALE ENTRE CRYPTOMONNAIE PRIVÉE ET CRYPTOMONNAIE D’ÉTAT : L’ADOSSEMENT ÉCONOMIQUE

Du point de vue de la garantie sur laquelle repose la monnaie, les cryptomonnaies d’État s’opposent de façon radicale aux cryptomonnaies privées qui, tout en s’adressant à tout type d’utilisateur, ne sont issues que de simples initiatives privées et non du « principe politique » formalisé sous forme d’État.

De ce point de vue, une cryptomonnaie privée n’est économiquement adossée qu’à deux choses extrêmement volatiles et labiles :

  1. Le projet économique sous-jacent qui justifie la création monétaire (sur lequel repose la création monétaire) et ;
  2. Les aléas de l’offre et de la demande de ladite monnaie, laquelle est, par essence, soumise à spéculation.

Par ailleurs, si une cryptomonnaie d’État s’apparente réellement à une monnaie dans le sens où il s’agit d’un signe monétaire conventionnellement utilisé sur le territoire d’un État et imposé par un pouvoir étatique, il n’en va pas de même des cryptomonnaies privées.

Il convient ici de faire une incise afin de rappeler un phénomène essentiel : en raison de l’appropriation du phénomène monétaire par les banquiers-commerçants, l’État est aujourd’hui très largement devenu une coquille vide, un simple pouvoir apparent chargé de la mise en œuvre des intérêts catégoriels privés des principaux propriétaires de capitaux. Néanmoins, et malgré tout, tant que la caste économique dominante n’a pas vaincu tous les contrepouvoirs et obtenu le pouvoir politique officiel et international total, elle continue à se cacher derrière la fiction juridique étatique. Dans ce contexte, l’État conserve, vis-à-vis de ses ressortissants, une valeur symbolique et organisationnelle fondamentale : il reste chargé de la mission d’organiser la « vie de la Cité », le dynamisme de son économie continuant de servir de garantie à la valeur de sa monnaie. Une cryptomonnaie d’État peut reposer sur les mêmes fondamentaux que les actuelles monnaies étatiques ; à savoir : la détention de « commodities »(métaux et autres biens précieux, matières premières, terres arables ou rares, pétrole, charbon, gaz etc.), le dynamisme de l’économie (nombre et qualité de l’échange de biens et services) et, en dernier recours, la crédibilité militaire de l’État en question.

En termes de garantie, de sous-jacent économique, une cryptomonnaie d’État est donc de même nature que les actuelles monnaies étatiques, elle ne s’en différencie pas de façon fondamentale. La crédibilité politique, et l’utilité publique d’une cryptomonnaie d’État, sont bien supérieures à celles d’une cryptomonnaie privée.

Par ailleurs, une cryptomonnaie d’État fait, comme toute monnaie étatique, l’objet d’un consensus public d’utilisation, ce qui rend très aisé sa circulation sur un territoire déterminé. En tant qu’émetteur de la monnaie ou cryptomonnaie publique, l’autorité politique a donc la charge de garantir la sécurité de la détention de cette monnaie par les particuliers. Il s’agit non seulement de garantir la sécurité de l’émission monétaire mais également la sécurité de la circulation monétaire faite au moyen de transactions (juridiquement qualifiées comme telles). L’État doit ainsi garantir, et sanctionner, les éventuelles pertes liées à des vols ou piratages de la cryptomonnaie d’État sur des marchés dématérialisés ; sur lesquels, rappelons-le, les utilisateurs n’ont aucun contrôle d’aucune sorte.

Ce raisonnement ne vaut, bien entendu, que tant que les États conservent un minimum d’indépendance et de sens politique de défense du « bien commun » et ne sont pas devenus les stricts commanditaires des principaux propriétaires de capitaux. À défaut, nous aurions affaire à des États qui ne sont juridiquement et politiquement que des coquilles vides et qui ne peuvent perdurer qu’en instituant une dictature (au profit de la minorité qui a capté ce pouvoir) ; rien ne permet d’affirmer que de tels États garantiraient d’une quelconque façon des utilisateurs d’une cryptomonnaie d’État spoliés (volontairement ou non).

À l’opposé, une cryptomonnaie privée trouve son origine dans une initiative privée reposant sur un projet quelconque, un peu comme la création d’une entreprise : bien que ne disposant pas de l’agrément conventionnel d’un État, elle s’adresse cependant, par essence, à tout public. Ainsi, une cryptomonnaie privée ne dispose pas, a priori, de la confiance inhérente à une monnaie en tant qu’instrument politique, laquelle est adossée à la crédibilité économique et politique d’un État. La valeur d’une cryptomonnaie privée dépend uniquement de la valeur de son projet d’origine ainsi que de la valeur que des tiers voudront ou non lui accorder sur un marché, ladite valeur étant (on l’a vu plus haut) susceptible de varier d’un moment à l’autre dans des proportions inconnues.

Étant issue d’une initiative strictement privée et n’étant pas obligatoire, l’utilisation d’une cryptomonnaie privée par des particuliers ne saurait être ni garantie par des fonds publics en cas d’échec ou de vol électronique, ni sanctionnée par des règles générales.

Autrement dit, dans la mesure où la cryptomonnaie de nature privée ne fait pas l’objet d’un consensus politique de nature institutionnelle et que son usage n’est pas rendu obligatoire, elle n’est soumise qu’au libre arbitre individuel, chacun ayant le choix d’utiliser ou non une ou plusieurs cryptomonnaies. Dans ce contexte, l’autorité publique et politique n’a aucun devoir envers les utilisateurs des cryptomonnaies privées qui prennent et assument le risque de détention de telles cryptomonnaies.

Fonction politique et géopolitique des cryptomonnaies d’État

Les cryptomonnaies d’État présentent des caractéristiques, assez dangereuses, en termes à la fois géopolitique et politique.

En terme géopolitique : avantage et inconvénient

Du point de vue géopolitique, les cryptomonnaies d’État présentent un avantage de court-terme, plus apparent que réel, et un sérieux inconvénient de moyen et long terme pour les États émetteurs.

UN AVANTAGE GÉOPOLITIQUE DE COURT-TERME, PLUS APPARENT QUE RÉEL

Le premier et immédiat avantage des cryptomonnaies d’État serait de court-circuiter le réseau Swift dans les échanges internationaux ; ce qui, de façon immédiate, opèrerait une libération des États sous sanction ou embargo. Les États utilisant une cryptomonnaie étatique ne seraient plus contraints de passer par les fourches caudines du réseau Swift actuellement encore en quasi-monopole dans le traitement bancaire des échanges internationaux.

De ce point de vue, l’arrivée des cryptomonnaies étatiques permettrait un retour géopolitique des États en lutte contre les organismes privés en situation de monopole dans la circulation monétaire internationale. Cela occasionnerait un certain rééquilibrage dans la concurrence entre États et organismes privés.

Toutefois, il ne faut pas surestimer cet avantage concurrentiel.

D’une part, certains grands États, comme la Chine et la Russie, semblent enfin disposés à mettre en œuvre des réseaux internationaux concurrents de Swift. Les entreprises et les échanges internationaux ne seraient alors plus obligés de passer par Swift. Il n’en reste pas moins que ce marché des transactions bancaires internationales resterait de type oligopolistique. Si Swift perdait son monopole, les échanges des petits États devraient obligatoirement passer par son ou leur concurrent(s) contrôlé(s) par d’autres grands États. Tout danger d’embargo n’est donc pas forcément écarté par la création d’un ou deux réseaux concurrents à Swift.

D’autres part, telles que les choses se profilent, ce ne sont pas les États au sens politique du terme, et donc les ressortissants des États, qui tireraient profit de la généralisation de l’usage des cryptomonnaies mais bien au contraire les banquiers qui sont à la manœuvre et qui veulent, coûte que coûte, imposer une monnaie mondiale de type Bancor sous la forme des DTS (panier de monnaie) en remplacement du dollar américain (ce dernier ayant apporté la preuve de son incapacité à gérer l’intégralité des échanges internationaux).

Il faut en effet garder à l’esprit que les individus qui se cachent derrière les banques et autres organismes bancaires centralisés sont des individus à la solde, stipendiés, des « dominants économiques » qui veulent imposer une monnaie mondiale. Or ce sont précisément ces individus et ces organismes (FMI/IMF, Banque des Règlements Internationaux dite BRI/BIS…) qui organisent le passage en douceur des monnaies étatiques à des cryptomonnaie d’État. Les États pourraient, à terme, être contraints de transformer leurs monnaies locales en cryptomonnaies afin de traduire leurs avoirs en DTS (monnaie mondiale). Autrement dit, les États seraient contraints, afin de pouvoir continuer à pratiquer les échanges internationaux, à transformer leur monnaie en cryptomonnaie. C’est précisément dans cet objectif que se développe actuellement, de façon accélérée, le protocole XRP-Ripple.

La souveraineté et même le simple choix de la forme monétaire échapperait dès lors définitivement au « fait politique », juridiquement traduit sous forme d’État.

UN INCONVÉNIENT GÉOPOLITIQUE MAJEUR DE LONG-TERME

Les États qui ne maîtrisent pas

  1. Les ressources informatiques suffisantes pour sécuriser techniquement leurs transactions vis-à-vis des utilisateurs nationaux et étrangers et,
  2. De la réserve d’énergie suffisante pour alimenter l’utilisation de leur « cryptomonnaies », se retrouveront de facto à la merci des États dominants ces deux domaines stratégiques.

Ces types de contraintes, à la fois techniques et énergétiques, sur la monnaie emporteront définitivement le concept politique d’État, qui suppose l’autodétermination des peuples à disposer d’eux-mêmes. La technocratie prendra la place de l’actuelle bureaucratie dans la gestion politique des peuples ; dans le même temps que nous franchirons, collectivement, un pas de plus vers la contrainte politique exercée par les banquiers-commerçants sur le phénomène étatique.

En terme politique, un grave et durable effet négatif : la confirmation de la transformation politique de l’ordre juridique international et de la disparition du concept de civilisation

D’un point de vue économique, il existe pour les usagers assez peu de différence entre les actuelles monnaies et les cryptomonnaies d’État du point de vue de la garantie économique et politique (la garantie économique est techniquement la même : « commodities » (or, métaux précieux ou rares, terres arables et terres rares), vigueur économique et politique du pays en question…).

Il existe, en revanche, pour les ressortissants de l’État en question, un grave danger politique à la transformation d’une monnaie d’État en cryptomonnaie d’État. En effet, cette transformation a pour effet immédiat et rédhibitoire la disparition des « espèces », couramment appelées « monnaie fiduciaire ».

Par cette disparition, les individus perdent tout contrôle direct dans la circulation effective de leurs avoirs monétaires et, pire, peuvent être soumis au bon vouloir des technocrates capables d’agir sur le protocole dématérialisé ; ces technocrates pouvant d’ailleurs être ou non à la solde desdits États (l’analogie avec la différence entre pirate et corsaires s’impose).

Par ailleurs, les chaînes de blocs, qui stockent toutes les données des utilisateurs liées aux transactions, ne peuvent en aucune façon ni garantir l’anonymat desdits utilisateurs ni leurs éventuelles utilisations ultérieures à d’autres fins. Toutes ces données se trouvent de facto régies par le principe anglo-saxon du « droit de propriété économique » ; les protocoles informatiques de transfert de données se trouvent en état de pouvoir disposer de ces données sans le moindre accord des utilisateurs concernés. Or, les organismes les plus demandeurs de ce type d’informations sont les centres de recherche sur l’intelligence artificielle. Les cryptomonnaies seront, par un effet collatéral, de grands pourvoyeurs du développement des projets d’intelligence artificielle, dans lesquels il est loin d’être démontré que l’intérêt direct du public est exclusivement pris en compte.

L’utilisation à long terme des cryptomonnaies d’État, par la disparition des espèces et le contrôle intégral des données des utilisateurs, génère de façon mécanique une atteinte létale aux libertés publiques ainsi qu’un grave recul du concept « politique ».

Si l’on ajoute le fait que les États perdraient, avec la généralisation des cryptomonnaies, définitivement la main sur leur forme monétaire, la généralisation et la banalisation de l’utilisation des cryptomonnaies étatiques pourrait acter (actera si personne ne réagit) un pas décisif vers le gouvernement mondial dictatorial aux ordres des banquiers-commerçants.

Identification des vrais et faux dangers des cryptomonnaies

Nous ne reviendrons pas ici sur la caractéristique de « réserve de valeur », qui a pour conséquence mécanique que toute cryptomonnaie est, comme toute monnaie, un « bien dans le commerce » (une marchandise dans le langage des économistes). Insistons quand même sur le fait que cette caractéristique monétaire induit la plus grave dérive monétaire : celle qui transforme le « service public » de la monnaie en outil de prise de pouvoir politique aux mains des principaux propriétaires de capitaux. En effet, en tant que « bien dans le commerce », la monnaie devient, de facto, soumise aux deux ennemis de la civilisation que sont les spéculateurs et les accapareurs.

Nous détaillerons en revanche ci-dessous les dangers juridiques, politiques et géopolitiques, qui se cachent derrière la généralisation

  1. Des cryptomonnaies privées et
  2. Des cryptomonnaies étatiques.

Concernant les cryptomonnaies privées

S’agissant des cryptomonnaies privées, s’il existe une crainte de corruption artificiellement mise en avant, il existe en revanche, de vrais dangers économique et politique à leur utilisation.

UNE CRAINTE FICTIVE TROP SOUVENT MISE EN AVANT : L’UTILISATION DE CRYPTOMONNAIES PRIVÉES POUR EFFECTUER ET CACHER DES TRAFICS ILLÉGAUX

Malheureusement, les opérations mafieuses, clandestines et illicites n’ont pas attendu les cryptomonnaies pour prospérer et être financées. Ces financements préexistent largement aux cryptomonnaies et sont liés à l’existence :

  • De l’anonymat des capitaux ;
  • Des paradis fiscaux (qui découlent de l’anonymat des capitaux) et ;
  • De l’accaparement de la gestion monétaire par les banques et autres multinationales à vocation financière qui ont assis leur développement sur l’opacité, l’asymétrie d’information, autant que sur l’asymétrie entre pouvoir et responsabilité ; autant d’asymétries qui ont, à leur tour, permis l’accaparement des richesses et des institutions politique par les banquiers.

Au surplus, il faut insister sur le fait que l’anonymat technique des cryptomonnaies est très relatif : il ne résiste pas à une volonté ferme des pouvoirs publics officiels et/ou des agences de renseignements. L’anonymat en question n’est vrai que pour les individus isolés qui n’ont pas les moyens techniques et matériels d’aller chercher les informations cachées dans les blocs de chaînes. L’anonymat des cryptomonnaies cède en revanche devant les agences de renseignements étatiques ainsi que devant les informaticiens chevronnés maîtrisant ces techniques de programmation.

Au surplus, l’anonymat techniquement permis par les cryptomonnaies est, dans le contexte actuel de contrôle capitalistique par les élites économiques, beaucoup moins efficace que l’anonymat des capitaux, qui a, au fil des siècles, largement fait la preuve (et même au-delà) de son efficacité.

L’anonymat des cryptomonnaies n’existe vraiment que pour les gens ordinaires. Il n’existe pas pour les détenteurs du « fait économique » qui ont aujourd’hui pris un pouvoir de type monopolistique sur toutes les organisations politiques, au niveau local, national et international. Cet anonymat, consciencieusement organisé, ne joue jamais en faveur des gens ordinaires, il joue de façon systématique, systémique, en faveur des seuls détenteurs du pouvoir.

Quoiqu’il en soit, le financement opaque des opérations illicites, illégales et socialement destructrices ne sera pas mieux ni plus aisément assuré par les cryptomonnaies privées qu’il ne l’est actuellement par l’opacité des capitaux et des places financières paradisiaques.

UN RÉEL DANGER ÉCONOMIQUE : L’INCERTITUDE ABSOLUE SUR LA VALEUR INTRINSÈQUE DES CRYPTOMONNAIES PRIVÉES

S’il existe des faux dangers, tel l’anonymat, absurdement mis en avant, il existe également de véritables risques économiques liés à l’utilisation de cryptomonnaies. En particulier, ces monnaies privées sont sujettes à une double insécurité économique liée :

  1. À l’incertitude sur la valeur réelle de la monnaie en question et,
  2. À la faible assise économique concrète de ces monnaies émises en relation avec un projet économique particulier (un peu comme des actions sont émises pour financer un projet d’entreprise).

Ce dernier problème ne concerne évidemment pas les cryptomonnaies d’État adossées à des richesses étatiques.

Par ailleurs, la prolifération des cryptomonnaies privées a pour effet un éclatement de la monnaie en de multiples entités ce qui, à son tour, a pour conséquence de limiter les possibilités d’échange de marchandises.

Pour que les détenteurs d’une cryptomonnaie acceptent d’autres cryptomonnaies de façon indifférenciée, il faut que toutes ces cryptomonnaies aient :

  1. La même valeur pour leurs usagers ou,
  2. Soient évaluées les unes par rapport aux autres de façon permanente (à la mesure des variations de valeurs des unes et des autres !).

Le problème est justement que toutes les cryptomonnaies ont des valeurs différentes et ne sont absolument pas échangeables à valeur égale, pour trois raisons :

  1. Étant une réserve de valeur, c’est-à-dire une marchandise, ces monnaies sont soumises aux lois du marché ;
  2. Chaque cryptomonnaie est assise, au départ, sur une réalité matérielle différente de celle des autres et,
  3. L’évaluation de ces monnaies est largement intrinsèquement dépendante du nombre de leurs « mineurs » (bitcoin) ou « forgeurs » (ether).

Ces disparités posent, fondamentalement, la question de la nature et du degré de confiance – il est ici question de légitimité – que l’on peut porter à une monnaie qui est adossée à la seule capacité technique de transmission informatique de données.

Un autre problème économique réel provient de l’éclatement du concept monétaire puisque les cryptomonnaies, qui s’apparentent à des monnaies privées sont, par hypothèses, extrêmement nombreuses. Or, la fluidité des échanges suppose la minimisation des risques de change entre les différentes monnaies en circulation ainsi qu’a minima une utilisation normalisée de la monnaie, d’où la nécessité d’une centralisation de la gestion monétaire. Rappelons toutefois, qu’il ne faut pas confondre la nécessité de la centralisation de la gestion monétaire avec sa gestion dans des mains privées, par des banquiers, situation que nous connaissons aujourd’hui.

Pour être efficace à remplir son rôle de facilitateur d’échange, la monnaie doit être conçue comme un « service public » c’est-à-dire un service destiné à tous ses usagers. La gestion monétaire par des banques centrales, elles-mêmes aux mains des banquiers (principaux capitalistes), est le contraire exact d’une saine gestion monétaire ; ce type de gestion ne diffère pas fondamentalement de la gestion de monnaies privées obtenues par des moyens cryptographiques : on reste dans le cadre de monnaies gérées par des personnes privées. Or, afin de garantir son rôle de facilitateur d’échanges, la monnaie doit être homogène et gérée par une entité politique dont le rôle est l’organisation de la vie collective (ce que ne sont plus les États pour la grande majorité d’entre eux).

UN RÉEL DANGER POLITIQUE : LA PERTE DE CONTRÔLE DES INDIVIDUS SUR LEURS VIE, UNE DISPARITION DE TOUTE LIBERTÉ PUBLIQUE

Quoiqu’il en soit, l’avènement d’une monnaie sous forme totalement dématérialisée opère une perte de contrôle des individus sur leurs avoirs monétaires. Les utilisateurs de telles monnaies ne contrôlent pas plus la quantité effective de leurs avoirs, sujets aux pirates et corsaires de tous horizons. Ils ne maîtrisent plus non plus les données personnelles qui accompagnent les transactions monétaires qu’ils effectuent ; ces données seront utilisées, sans consentement des utilisateurs de cryptomonnaies et même sans la conscience de leur utilisation, à des fins commerciales ou, pire, à des fins de recherche sur l’intelligence artificielle au profit de ceux qui financent ces recherches (les principaux propriétaires de capitaux de la planète).

Les individus perdent la capacité à gérer leur vie de façon autonome, ils deviennent des pions dans un jeu dont ils ne maîtrisent plus les règles.

Par ailleurs, une analyse exhaustive de la succession des évènements au niveau international amène nécessairement au questionnement suivant : l’absence d’interdiction étatique et la multiplication de l’exposition médiatique des cryptomonnaies privées entreraient-elle dans la stratégie des grands banquiers consistant à banaliser, dans le public, l’utilisation de la monnaie dématérialisée pour, à terme, imposer partout sur la planète le concept monétaire intégralement dématérialisé ? Nous aurions alors franchi le cap d’une régression létale des libertés publiques qui ne peut que plaire aux partisans d’un gouvernement mondial dictatorial.

Cette régression va de pair avec la « marchandisation » des principes de régulation de la vie en commun, les principes du droit commercial devenant le « droit commun ». Cette évolution s’accompagne mécaniquement de la disparition du droit continental traditionnel, issu des principes du droit romain, qui avait précisément pour objet de réguler la « vie en société » en limitant les appétits catégoriels par la définition et la protection de « biens communs » supérieurs à tout intérêt de type privé. La prédation de la sphère juridique par le « droit »anglo-saxon, qu’il faut comprendre comme de la simple « règlementation au profit des plus puissants détenteurs de capitaux », est synonyme de disparition du concept de « civilisation ».

Concernant les cryptomonnaies d’État

Les cryptomonnaies ont, par essence, les mêmes problèmes que ceux que nous connaissons avec les monnaies actuelles. Il faut, pour se défaire de ces difficultés, accepter de repenser de fond en comble le rôle de la monnaie et revenir aux raisons d’être de son apparition. Il ne s’agit de s’interroger sur la « nature » de la monnaie et non seulement sur sa « forme ». Comme les actuelles monnaies, les cryptomonnaies ne posent pas tant un problème de forme, car nous vivons déjà, largement, sous l’aire de la monnaie privée dématérialisée, qu’un problème de nature.

Les cryptomonnaies d’État ne sont juridiquement pas différentes des monnaies d’État en raison de la permanence de leur caractéristique fondamentale de « réserve de valeur ». Elles s’analysent plutôt comme étant une « évolution » des actuelles monnaies. Évolution qui permettra un double pas en avant pour les banquiers : d’une part l’arrivée de la monnaie mondiale du type « Bancor » et d’autre part la disparition des espèces et la dépossession des individus sur le contrôle de leurs avoirs monétaires.

LA QUESTION STRATÉGIQUE DU CONTRÔLE MONÉTAIRE PAR LES BANQUIERS (PRINCIPAUX PROPRIÉTAIRES DE CAPITAUX)

La question du contrôle des cryptomonnaies par les banquiers dominants est tout à fait stratégique car elle préfigure ce que sera la future monnaie mondiale. Peu importe la forme que prend la « monnaie », matérielle ou dématérialisée, ce qui importe est la question de son statut juridique. Or, en tant que « réserve de valeur », les cryptomonnaies sont structurellement des marchandises objet de tractations commerciales. Or, répétons-le, tout « bien » dans le commerce est soumis à spéculation et à accaparement.

D’un point de vue stratégique, tout porte à croire que les cryptomonnaies privées ont été lancées (il faut ici comprendre : « ont été autorisées par les autorités publiques ») dans le public en tant que « ballon d’essai », pour faire croire à une liberté monétaire fictive avant que celle-ci ne soit définitivement supprimée par le biais de règlementations. 1. Ce ballon d’essai avait pour autre intérêt d’habituer le public à la dématérialisation monétaire de façon à ce que ce dernier soit demandeur de « dématérialisation monétaire », perçue par beaucoup comme une « simplification » de la vie courante.

Ainsi, les individus seront eux-mêmes demandeurs des chaînes qui les lieront définitivement. Un cas d’école de manipulation des masses par les banquiers : faire en sorte que les individus réclament leur propre esclavage.

Seules subsisteront, en dernier recours, les cryptomonnaies d’État, à qui les banquiers réservent le plus grand avenir. 2.

La disparition du concept politique d’État

La monnaie mondiale est le premier pas vers le gouvernement mondial, lequel se passe tout à fait du concept d’État. Dans le nouvel ordre mondial (NOM/NWO) imaginé par les banquiers, les États ne sont plus des structures politiques mais de simples relais de transmission de directives venues du gouvernement centralisé au niveau mondial. Ces États ne doivent être ni de trop grande taille ni trop puissants car ils seraient alors un potentiel contrepouvoir au gouvernement central. D’où la nécessité de soumettre les États au pouvoir supérieur des multinationales qui contrôlent effectivement les différentes économies locales ; c’est dans cette réalité que nous vivons actuellement.

Aujourd’hui, le concept d’État est subverti, il n’a plus guère de sens politique car il ne dispose plus de la souveraineté, laquelle inclus, et même commence par, la souveraineté monétaire. Les États occidentaux d’aujourd’hui sont de simples coquilles juridiques vides de tout sens politique. L’avènement de la monnaie mondiale sous forme de panier de monnaies dématérialisées gérées par un système informatique de chaînes de blocs (blockchains), plus ou moins sécurisé sera le premier pas vers la nécessité du « gouvernement mondial ». Car il ne faut pas perdre de vue le principe fondamental qui veut qu’à une économie mondiale artificielle correspond une « monnaie mondiale » (tout aussi artificiellement créée) et enfin, un gouvernement mondial qui chapeaute toute cette construction.

La transmission informatique des données monétaires, au sens large puisque ces données incluent des informations personnelles aux parties, aux transactions, est opaque pour les individus isolés mais au contraire tout à fait transparent pour les « services » reliés aux États. L’anonymat procuré par les cryptomonnaies est donc très relatif, il se compose d’un deux poids deux mesure selon que vous êtes du côté des États, lesquels, rappelons-le, sont sous le joug et le contrôle des grands propriétaires de capitaux, ou du côté des particuliers.

Selon cette conception de l’organisation sociale, les ressortissants des États et les États eux-mêmes ne sont que des faire-valoir de la puissance économique, ils sont utilisés comme des pions tant qu’ils conservent un intérêt pour les dominants et seront impitoyablement éliminés lorsque cet intérêt aura disparu.

Si l’humanité veut retrouver le chemin de la civilisation, synonyme de développement durable pour l’humanité, il lui faut impérativement reprendre le contrôle de la monnaie et réinvestir les institutions politiques qui organisent la Société. Ni les actuelles monnaies étatiques, ni les cryptomonnaies d’État ne permettront de reprendre ce chemin, tant du moins qu’elles resteront sous le contrôle strict des banquiers-commerçants.

Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique

Liens

On vous conseille pour compléter cet article cette vidéo sur le système financier anglo-saxon.

Source : Nature juridique et fonction politique des monnaies et cryptomonnaies

Publicités
Lionel Messi- Imae de MundoDeportivo-Web
Expertise

Sondage occulté par France Football sur le Ballon d’Or

L’attribution du Ballon d’Or poserait-il un problème de parti pris à France Football ? Oui, si l’on en croit un article paru sur mundodeportivo.com. Le site web du journal espagnol, MUNDO DEPORTIVO écrit : « la revue France Football qui décerne le Ballon d’Or, a posté sur son site web, un sondage suite à la publication de la liste des 30 finalistes. C’est pour connaître le meilleur candidat éligible au Ballon d’Or pour l’année 2018. Après une journée et plus de 700 000 votes, France Football a supprimé le sondage. Celui-ci indiquait que Lionel Messi accumulait le plus de vote, soit 48% des votes émis. »

Le Ballon d’Or à Messi, dit le public, France Football serait-il contre ?

Pour le site web de Mundo Deportivo, le choix du joueur de FC Barcelone par le public sportif s’expliquait par sa régularité et ses prestations de haut vol. Leo Messi a été au plus haut niveau européen durant l’année 2018, bien que le Barça n’ait pas gagné la Ligue des Champions et que l’Argentine de Messi ait été éliminée en Coupe du Monde 2018 par la France.

Le journal espagnol continue : « Toutefois, le vote du public sportif n’est pas pris en compte pour l’octroi du Ballon d’Or. C’est un jury composé exclusivement de journalistes d’organes de presse qui décide du vainqueur du prix. »

Et Mundo Deportivo conclut : « Le plus surprenant, vu la suppression du sondage sur le candidat le plus éligible pour être le Ballon d’Or 2018, c’est le maintien du sondage sur le Trophée Kopa qui récompense le meilleur but de l’année. Dans ce sondage, l’attaquant de Milan, Patrick Cutrone est largement en avance sur le second. »

Eh oui, on peut effectivement s’interroger. Pourquoi le journal France Football a-t-il supprimé le sondage favorable au dieu argentin de football ?

Le sondage occulté

Sondage sur le Ballon d'Or occulté par France Football
Sondage sur le Ballon d’Or occulté par France Football

Source : https://www.mundodeportivo.com/futbol/fc-barcelona/20181011/452291693421/messi-barcelona-barca-balon-de-oro-france-football-encuesta.html

Logo basketball feminin Se Sports
Basket

Le Basketball au Togo dans une nouvelle vision de performances

La Fédération Togolaise de Basketball, désormais appelée Fédération Nationale de Basket-ball du Togo (FNB-Togo), dirigée par le président André Bivaïna GOUNGOU, a bouclé le 23 juillet dernier, douze mois aux commandes de l’instance. Une année riche en activités, tant sur le plan national qu’international. Le président André Goungou de la FNB_TOGO a tenu sa promesse en organisant le congrès statutaire de la Fédération le 27 juillet dernier à Lomé. Le Congrès, sur proposition du Bureau, a décidé de changer le nom de l’instance nationale de la balle orange. Désormais, elle se nomme Fédération Nationale de Basket-ball du Togo (FNB-Togo) au lieu de Fédération Togolaise de Basket-ball(FTBB). Beaucoup de modifications ont été opérées dans les textes réglementaires lors de ces assises. 

Une moitié de mandat riche en événements

Le Comex de la FNB-Togo, a eu une première année assez riche en événements, fruit d’un travail collégial de ses membres, quoique beaucoup reste à faire, selon le président André Bivaina Goungou. Il est élu pour un mandat de quatre ans.

Elu le 23 Juillet 2016 à l’issue du congrès tenu dans la salle de conférence du CASEF à Lomé, le président André Bivaina Goungou et son bureau ont démarré en trombe, leurs activités, avec l’organisation à Lomé, des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Clubs Champions de la Zone 3, du 23 octobre au 30 octobre 2016. C’était après la participation au tournoi 3×3 Salamatou Maiga des équipes nationales junior fille et garçons à Cotonou au Bénin.

Pour ce tournoi de la zone 3, deux équipes togolaises étaient engagées : Modèle chez les messieurs et l’Etoile Filante en dames. Dans le tableau féminin, les togolaises ont composté leur ticket pour la phase finale, en se classant 2e sur 3 derrière First Bank du Nigeria et devant STTSC du Niger. Une prouesse qui leur donna droit à la participation à la phase finale à Maputo au Mozambique.

Chez les hommes, Modèle n’a pas pu réaliser le même exploit, barrée par les équipes du Nigeria. Le Togo a été donc représenté par l’Etoile Filante à Maputo (26 novembre au 7 décembre) mais la compétition a été très rude pour Rachel Ndukwe et ses coéquipières moins expérimentées que leurs adversaires. Elles se sont classées 12e sur 12 mais elles ont gagné en expérience.

Le championnat national de basketball

Le nouveau bureau pour sa première, délocalise le championnat national à Aného. Quatre clubs de Lomé chez les dames (Étoile Filante, Swallows, CBS et Racing Club) et dix dans le tableau masculin dont quatre de Lomé (Modèle, Swallows, Etoile, Dyto) et six de l’intérieur du pays (Semassi de Sokodé, Tsevie, Kaaba, ASBA de Kpalimé, Bassar, C7C d’Atakpamé et Gbohloe-Su, club hôte) ont pris part à l’épreuve.

La finale féminine a vu la victoire des Bleues du quartier commercial de Lomé sur les Hirondelles de Kégué (Swallows) par 51-40. La finale masculine est remportée par Modèle devant Étoile Filante (66-56).  Avant la tenue du Championnat National, le Président André Goungou à la tête de son bureau a visité les clubs et les ligues de l’intérieur du pays, pour s’enquérir de leurs difficultés et recueillir leurs doléances. Il s’agit des clubs des Ligues Maritime, des Plateaux et du Septentrion.

Pour cette saison 2016-2017, le Championnat National se dispute à Kpalimé, du 4 au 10 septembre prochain et la saison sera close.

Les sélections du Togo

Le bureau exécutif de la FNB-TOGO a procédé à la nomination des sélectionneurs des équipes nationales de toutes les catégories.  Oumar Salou est aux commandes des Seniors Hommes et Clément Gadégbékou dirige désormais les Seniors Dames. Une Direction Technique Nationale digne de ce nom a été mise en place avec pour premier responsable, Amoussou Toba.

Au plan des compétitions internationales, le Togo chez les seniors messieurs, est engagé dans les éliminatoires de l’Afro basket 2019 et la première fenêtre est prévue en Novembre prochain. Les sélections nationales U18 filles et garçons sont attendues à Bamako au Mali, à la fin du mois de Septembre pour le tournoi international Salamaou Maiga.

Le Togo à l’honneur

Le président André Bivaina Goungou a pris part au congrès de mi-mandat de la FIBA et aussi à la pose de la première pierre du nouveau siège de l’instance internationale à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Le Togo a été désigné pour abriter la phase finale de la 1ère édition de la FIBA 3×3 Africa Cup. Cette compétition verra la participation de 24 équipes (hommes et dames) du 3 au 6 novembre prochain.

CAN Basketball FIBA 3×3 Lomé 2017

Les éliminatoires de la zone 3 dont fait partie le Togo ont été disputées les 8 et 9 juillet à Cotonou au Bénin. La sélection nationale Dames a remporté ces éliminatoires en dominant le Bénin en finale (16-14).

Les Hommes se classent 3e sur 3. Le Togo, pays hôte de la phase finale, est toutefois qualifiée d’office. Dans cette optique, deux émissaires de FIBA étaient en visite d’inspection à Lomé en Juin dernier. La délégation était composée de Kambiré Olivier du Bureau Régional Afrique, et Nicolas Widmer, Responsable du Développement du 3×3 de FIBA. Avec e bureau de la fédération, ils ont été reçus en audience par le ministre des Sports, Guy Madjé Lorenzo et ensuite par le président du CNO-Togo, Kelani Bayor. Les deux émissaires ont fait le point de leur visite au Togo et expliqué aux autorités togolaises, le choix de notre pays pour abriter l’événement.

De retour de Cotonou, la fédération a organisé un tournoi 3×3 dans la Ligue du Septentrion en vue de vulgariser cette discipline qui devient olympique aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Le Tournoi a vu la participation de neuf équipes : Kaba de Kara, Semassi de Sokodé, BBC de Bassar, J2A de Sotouboua, Foaba de Dapaong, CBM de Mango, Pionniers de Dankpen, New Star de Tchamba et ABPC de Blitta.

Une formation technique a été organisée pour les participants au tournoi par le point focal du 3×3 Togo. Elle était dirigée par Delio Serge Akoussah et le directeur technique national adjoint, Fafadji Johnson, en prélude à la compétition. Kaba de Kara a remporté le trophée mis en jeu en dominant Foaba de Dapaong en finale (21-13).

 Evelyn Gbényédji

Ossature de l'Équipe du Togo de la CAN 1972
Mémoires, Togo Foot

CAN 1972. Au Cameroun, le Togo, éblouissant, méritait un meilleur sort

Pour se qualifier pour sa première phase finale de CAN, au Cameroun en 1972,  il a fallu pour le Togo de se défaire de ses deux voisins de l’Est et de l’Ouest. Vainqueur (2-1) de Dahomey (actuel Bénin) à l’aller à Lomé grâce à deux coups de butoir de Kaolo et d’Amétépé, la sélection togolaise réalisa un résultat nul (0-0) à Cotonou. Contre le Black Star du Ghana au second tour, la bande à Gottlieb Göller, tenue en échec (0-0) à domicile, joua un match héroïque à Accra. Un but superbe de Ayitégan et un penalty d’Ibrahim Sunday arrêté en fin de match par Tommy Sylvestre, en furent les plus grands moments. Le billet pour Cameroun 1972 était alors empoché…

Mali-Togo 3-3 : Les exploits de Docteur Kaolo

A Yaoundé, le Onze National togolais avait pour adversaires, le Cameroun pays organisateur, le Kenya et le Mali. Son premier match l’a opposé justement au Mali qui participait lui aussi à sa première CAN. Mais avec une armada de joueurs célèbres dont un certain Salif Keita venu de France, les Aigles étaient dans de très bonnes dispositions mentales, techniques et physiques pour tout gagner. Et c’est tout naturellement que, pour cette partie, la plupart des observateurs misaient sur eux.

L’allure prise par les choses, leur donnèrent d’ailleurs raison. D’autant qu’il a suffi de 13 minutes pour que Bakoloba, d’une frappe imparable, envoie Tommy Sylvestre chercher un premier ballon dans ses filets. Les quelques situations graves créées ensuite par les Togolais furent maitrisées par le goal Traoré. Jusqu’à 30 secondes de la fin de la première mi-temps où un coup franc est accordé à l’équipe du Togo. Mébounou Kpadé y mit tellement sa force qu’un défenseur malien ne pouvait que dévier de la main en pleine surface de réparation. Apéti Docteur Kaolo ne se laissa pas prier avant de mettre le ballon au fond : un but partout entre Maliens et Togolais à la pause.

En début de seconde mi-temps, et avant que Ressort, Adjévi, Fiaty, Sokpo et les autres n’échauffent leurs muscles, les Maliens mirent deux buts. En l’espace de six minutes. Il fallait alors éviter le pire, et pour mettre le buteur malien Salif Keita hors d’état de nuire encore plus, il lui a été proposé un garde du corps du nom de Fiaty. L’attaquant de Saint-Etienne muselé, Ayitégan pouvait alors faire sa rentrée à la place de Kpadé.

Ce judicieux changement eut le mérite d’abord, d’équilibrer les débats, et ensuite de susciter une domination togolaise. Et comme par enchantement, c’est Ayitégan qui fut à l’origine du but réducteur togolais. C’est à la suite de son bolide repoussé par le portier Traoré que Docteur Kaolo fit de nouveau mouche, et porta le score à 3-2 (67e mn).

Une douzaine de minutes après (82e mn), Agbala, l’autre attaquant togolais qui, depuis l’ouverture de ce match, ne cessait d’envoyer des pétards au dessus, allait finalement être récompensé. Depuis les 25 mètres, il expédia un boulet de canon que ni les défenseurs ni le gardien malien n’osèrent dévier de sa trajectoire. Et de 3 pour le Togo aussi. Le tout fait 3-3. Un résultat qui donna une victoire morale pour le Onze National. Rendez-vous le 26 février avec le pays organisateur.

Cameroun-Togo 2-0 : Sévère défaite des Togolais

Les Camerounais ayant été témoins des prouesses réalisées par Docteur Kaolo face aux Maliens, lui mirent deux surveillants. La mission de ces deux gardes était claire : ne laisser aucune espace, aucune marge de manœuvre à l’ingénieux et puissant attaquant de l’Etoile Filante de Lomé…

Cette stratégie du sélectionneur du Cameroun Peter Schnittger, a failli coûter aux…Lions Indomptables. Ceux-ci durent leur survie plutôt aux…gâchis des Togolais. Surtout, aux trois occasions nettes de but manquées en l’espace de 30 minutes.

Témoignages poignants avec quelques échantillons de Josep Anani, envoyé spécial du quotidien national Togo Presse : « D’abord Agbala sollicité par Sokpo dans un splendide retrait, a carrément loupé son objectif dans les six mètres environ alors que, toute la défense camerounaise était battue… Le deuxième but, Sokpo l’avait également au bout du pied. Agbala ayant servi Sadji, celui-ci évite deux adversaires, et sert Sokpo au point de pénalty. Tout seul, nez à nez avec le gardien camerounais, Sokpo se fait néanmoins le luxe de jouer au dessus de la barre transversale… Derrière cette belle occasion togolaise, une autre : Sokpo, profitant d’une ratée spectaculaire de Timo, l’arrière central camerounais, se trouve une fois encore seul devant Bengala accouru. Sokpo trouve néanmoins la présence d’esprit de faire le lob indispensable mais il fignola trop la balle qui frôla la transversale camerounaise ».

Avec tant de gâchis, et jouant contre le pays organisateur qui disposait de 24 heures de repos de plus, il était clair que c’en était fait de cette équipe togolaise. Elle sera finalement battue par deux buts à zéro. Le goal Tommy Sylvestre qui souffrait atrocement d’un mal de jambe a beau multiplier les exploits en seconde partie face aux attaquants camerounais, il cèdera aux 56e et 78e minutes devant respectivement Tokoto et M’vé. Une défaite sévère, oui, mais qui n’enlevait pas l’espoir d’une qualification face au Kenya deux jours plus tard…

Togo-Kenya 1-1 : Un résultat nul qui n’arrange aucun camp

En cette fin de mois de février 1972, c’est une équipe togolaise quelque peu fatiguée par les efforts réalisés devant le Cameroun 48 heures plus tôt, qui se présenta au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé pour affronter le Kenya. Une phase d’observation de 15 minutes, puis les Kenyans haussèrent le rythme…

Ils en tirèrent le fruit à la 30e mn par l’ouverture du score d’Alako. Sans pour autant baisser la garde. C’est ainsi qu’ils dominèrent les Togolais durant le reste du temps menant à la pause. La seconde partie fut plus colorée, plus belle et par moment mieux maitrisée par le capitaine Hounkpati Ressort et ses coéquipiers.

Sur une erreur d’Alako à la 61e mn, et après une combinaison des milieux et attaquants togolais, Apéti Docteur Kaolo sur une balle en pleine surface, remit les pendules à l’heure : 1-1. Un but tout fait, sera par la suite manqué par Sokpo (75e mn). Un autre va être marqué par Kpadé mais refusé par l’arbitre (80e mn) pour hors jeu d’Ayitégan. Le résultat nul ne pouvait alors qu’être consommé. Même s’il n’arrange aucun camp.

Avec 2 points, le Togo était prié de quitter la compétition. Tout comme son adversaire du jour, le Kenya qui en possède 2 également. Quant au Mali (3 points) et au Cameroun (5 points), qui s’étaient également neutralisés (1-1) le même jour, ils étaient appelés à continuer l’aventure de cette CAN 1972. Une remarque était cependant faite par les observateurs du football africains sur les prestations de la sélection togolaise : elle méritait d’aller plus loin qu’au premier tour.

WOME Dove, un des Éperviers du Togo à la relance au pays.
Sélections, Togo Foot

Ces Éperviers professionnels en difficulté à l’étranger, à la relance au pays

Des Éperviers du Togo, des professionnels en difficulté à l’étranger, préfèrent rentrer au pays pour se relancer. Pourtant, le rêve de tout jeune football est d’embrasser le plus tôt une carrière professionnelle. Et généralement au Togo cette noble ambition se matérialise par une carrière à l’étranger. Mais lorsque l’inverse se produit et de jeunes footballeurs professionnels ayant connu des championnats à travers le monde, pour une raison ou une autre, sont contraints de revenir au pays pour se relancer, on peut facilement imaginer la charge émotionnelle que cela peut constituer. Au Togo, ce n’est pas courant après l’ère Salou Tadjou et Senaya Junior.

Une question de mentalité

Des critères qui ont milité en faveur du choix du club militaire, Mani Sapol déclare : « Beaucoup de personnes pensent que c’est à cause de l’argent, mais je peux les rassurer. C’est pour mes bonnes relations avec les responsables de Dyto. »
Des critères qui ont milité en faveur du choix du club militaire, Mani Sapol déclare : « Beaucoup de personnes pensent que c’est à cause de l’argent, mais je peux les rassurer. C’est pour mes bonnes relations avec les responsables de Dyto. »

Aujourd’hui, les mentalités ont drastiquement évolué. Ils sont presqu’une dizaine à rejoindre le bercail. Parmi eux, plusieurs internationaux ayant étrenné la tunique jaune et vert des Éperviers, la sélection du Togo. Il s’agit de Mani Sapol, Wome Dove, Aloenouvo Backer, Aguidi Foovi et Eninful Kacla.

Se Sports pour évaluer le nouvel état d’esprit de ces internationaux à la relance au pays, a effectué une descente dans leur nouvelle vie à Lomé pour les uns et à Kpalimé pour les autres. Dans ce contingent de joueurs, beaucoup ont cédé aux sirènes du Dynamic Togolais (DYTO). Comment le choix de club a-t-il été opéré ? Comment affrontent-ils les regards indiscrets ? Comment envisagent-ils la suite de leur carrière professionnelle ?

Mani Sapol, le détonateur

C’est tout souriant que Mani Sapol, milieu offensif de Dyto, a accepté répondre à nos questions sur son retour au pays. « Je vais répondre avec joie. Je vais vous dire effectivement ce qui s’est passé.  Il s’est fait que physiquement, j’ai eu des soucis lorsque j’étais à Moldavie. Il a fallu que je subisse une intervention chirurgicale. Après quelques mois de repos médical, je devrais commencer ma rééducation. Mais il ne me restait que trois mois de contrat.

Il s’était révélé difficile pour le club de renouveler le contrat d’un joueur blessé qui arrive au terme de son contrat. Nous avons trouvé un accord à l’amiable, le temps de faire ma rééducation et me relancer. Je suis donc rentré au pays et j’ai choisi Dyto » a déclaré Sapol. Le milieu international a précisé aussi les critères qui ont milité en faveur du choix du club militaire : « Beaucoup de personnes pensent que c’est à cause de l’argent, mais je peux les rassurer. C’est pour mes bonnes relations avec les responsables de Dyto. »

Mani Sapol ajoute : « J’ai discuté avec beaucoup de personnes dans le staff de Dyto, que ce soit au niveau de l’administration ou avec le coach de Dyto. Ils ont tout fait pour me mettre dans de bonnes conditions pour que j’arrive à m’épanouir et me sentir à l’aise dans ce championnat qui est difficile. Donc pour être bref, je suis venu à Dyto grâce à mes relations. »

Continuer à avoir de l’ambition et y croire

A 26 ans, l’ancien joueur du FC Dacia (Moldavie) et de Al Ittihad de Tripoli (Libye) nourrit de très grosses ambitions : « Quand je rentre dans la douche qui pour moi est le lieu propice pour réfléchir, je me pose des questions. Est-ce que Mani peut encore dribbler ? Oui, il peut encore marquer des buts ? Je dis oui, est ce qu’il peut encore faire des efforts ? Oui. Alors pourquoi ne pas avoir des ambitions comme si on avait encore 16 ans. Mes ambitions sont encore plus grandes que ce que les gens pensent. Moi Mani Sapol j’ai encore des choses à prouver. »

Pour conclure, il nous confie : « Je ne suis pas le premier à revenir jouer un pays. Des gens ont vu en moi un exemple, ils sont revenus jouer, essaient de se mettre en forme pour se relancer afin d’avoir de nouveau des chances de jouer dans des championnats étrangers. »

Nominé en 2008 parmi les 50 meilleurs jeunes Espoirs du Monde par le Magazine anglais World Soccer, Mani Sapol compte plus d’une dizaine de sélections avec la Sélection nationale et reste l’un des plus doué de sa génération

Eninful Kacla, un des Éperviers globe-trotter

ENINFUL KACLA
Eninful Kacla nous confie : « Je ne suis pas le premier à revenir jouer un pays. Des gens ont vu en moi un exemple, ils sont revenus jouer, essaient de se mettre en forme pour se relancer afin d’avoir de nouveau des chances de jouer dans des championnats étrangers.»

L’ancien défenseur central de l’Entente 2 de Lomé n’a rien perdu de son humour habituel. Après avoir fait le tour des clubs du Togo, Eninful Kacla trouve que « le Dynamique Togolais est le club qui me va le mieux et j’estime qu’avec ce club, je pourrais me relancer. Comme on dit souvent, il vaut mieux reculer pour mieux sauter. » Véritable globe-trotter, le milieu défensif, en dehors du Togo, a fait la Syrie, la Moldavie, l’Iran, la Chine, la Tunisie et tout récemment le Gabon. Il avoue que « Le championnat togolais n’est pas de haut niveau. À l’étranger, dans certains clubs, parfois tu es le seul étranger et tu es obligé de donner le meilleur de toi-même pour garder ta place… » Pourtant, ce constat n’empêche pas Eninful de mouiller le maillot pour bien maintenir la forme.

Le milieu international explique que lui et certains joueurs avaient décidé que si leur aventure à l’étranger tourne mal, il leur faudrait rentrer au pays. Ce qu’ils ont fait. Il saisit donc l’occasion pour remercier ses amis d’avoir tenu leur parole et clarifier certains points : « Tout d’abord je remercie Mani, Dové, Aguidi, Backer, parce qu’ils ont tenu parole. Nous avons toujours dit que si nous pensons que cela ne va pas, nous rentrerons au pays pour jouer. Mais, quand on rentre, les gens pensent qu’on est fini. Non, ce n’est pas vrai. Souvent dans nos clubs à l’extérieur, nous réclamons des améliorations de conditions de travail. Et quand les dirigeants du club refusent d’y accéder, nous ne pouvons rien faire d’autres que de rentrer au pays. »

Et pour conclure, Eninful se réjouit : « Moi, je félicite ceux qui rentrent pour se relancer parce que ce n’est pas facile… mais c’est dans la tête que ça se passe. »

Wome Dove, la surprise royale

Dans le lot des internationaux togolais, il a été la plus grosse surprise lorsque son retour a été signalé à Gomido FC de Kpalimé. Encore sous contrat avec Super Sport United en Afrique du Sud, le jeune milieu offensif des Éperviers (26 ans) a résilié son contrat pour rentrer au pays. « Les raisons de mon retour sont claires. J’ai bien résilié le reste de mon contrat avec Supersports United, il me restait d’ailleurs 6 mois, et ceci pour des raisons personnelles. Je n’ai pas hésité à faire le choix du pays parce que je pense que ce championnat qui est très compétitif peut me permettre d’être en forme et me relancer très vite.  Le choix de Gomido qui d’ailleurs a un bon terrain et des ambitions, m’a bien surpris par le rang qu’il occupe dans le classement actuel. C’est clair pour moi que Gomido veut jouer les premiers rôles dans ce championnat, c’est le genre de club dont j’avais besoin. D’ailleurs, mon intégration s’est faite très rapidement. J’ai trouvé des coéquipiers très sympas et compétents » a glissé l’ancien joueur de Maranatha de Fiokpo.

Il regrette néanmoins certains écarts comportementaux des supporters d’Ifodje d’Atakpamé lors des seizièmes de finale de la Coupe du Togo : « Le langage du foot est commun, juste que les conditions sont un peu difficiles ici au TOGO, mais j’y étais avant et je savais un peu ce qui m’attendais. Je m’adapte donc au fur et à mesure des matchs. Dimanche 18 mars dernier par exemple, j’ai assisté à des scènes de violence sur le terrain d’Atakpamé.

Les risques du métier de footballeur

WOME Dove
WOME Dove : « J’ai bien résilié le reste de mon contrat avec Supersports United, il me restait d’ailleurs 6 mois, et ceci pour des raisons personnelles. Je n’ai pas hésité à faire le choix du pays parce que je pense que ce championnat qui est très compétitif. »

Après notre victoire sur Ifodje (par tirs au but, temps réglementaire 0-0) lors des 16es de la Coupe du Togo, des supporters enragés ont envahi notre banc de touche au coup de sifflet final et ont même frappé des joueurs. J’étais particulièrement visé par des jets de pierre. Nous avons eu la vie sauve grâce aux forces de l’ordre venues en renfort….  Je revis ça en fait. »

Tout comme Aguidi Fovi, il a ouvert son compteur but dès son premier match face à Asko de Kara à Kpalimé. Pour son baptême de feu, l’adoption ne peut être que totale et entière. Wome Dove qui a participé à la Coupe d’Afrique des Nations Afrique du Sud 2013 ne perd aucunement espoir de rebondir. « Comme tout joueur, c’est d’être en forme et de trouver un bon contrat professionnel. Donc Dove en fait partie.  Juste dire aux joueurs qui sont dans le même cas de ne pas hésiter à se relancer au pays si possible, puisque le talent moisit, il meurt quand on ne le met pas en pratique. Autrement dit, le muscle qui ne travaille pas s’atrophie ».

C’est une nouvelle page du football togolais qui s’ouvre avec cette constellation de joueurs qui se sont forgés un nouveau mental, un nouvel état d’esprit pour faire face à leur carrière avec plus d’abnégation et de rigueur. Et lorsque, entraîneur de Dyto, on est au milieu de tous ces joueurs, que ressent-on ? « D’abord c’est une fierté en tant qu’entraîneur d’avoir ces joueurs dans son effectif. Je leur tire mon chapeau parce que ce n’est pas facile de jouer dans un championnat professionnel et revenir recommencer à zéro dans un championnat dit amateur. »

Des clubs hôtes contents de l’aubaine offerte par les Éperviers

« Il faut dire que ces joueurs sont toujours à l’écoute de ce que je leur dis malgré leur niveau. Quand je les prends un à un, exemple Mani Sapol, c’est quelqu’un qui m’aide beaucoup. Parfois il me donne des conseils, Backer c’est quelqu’un qui est très compréhensif, Eninful est aux cotés des jeunes à qui il donne des conseils, de même que Aguidi qui travaille dur. La preuve, son premier match à Notse, vous avez vu ce que ça a donné.

Bref avec ces joueurs, je suis à l’aise en tant que coach. Personnellement je leur souhaite bonne chance pour qu’ils trouvent un autre club pourquoi pas mieux que Dyto » avance Fofana Diouf qui apprécie par ailleurs leur intégration et lance un appel de cœur aux autres joueurs en situation. « Si vous voyez l’ambiance dans le groupe, vu aussi ce qu’ils apportent à leurs petits frères, disons que je suis satisfait de leur présence. » Enfin, il conseille :

« Moi je leur dirai de prendre des exemples des joueurs comme Mani Sapol, quand vous voyez ce jeune, vu tout ce qu’il a fait dans sa carrière, Aguidi aussi Backer, ces gens ont joué dans la sélection A. Même Eninful, moi j’ai joué avec lui. Donc si eux, ils l’ont fait, pourquoi pas les autres qui sont là-bas sans club ou qui ont une carrière pas trop bonne ? C’est très important pour un joueur qui veut se relancer. Ne dites pas que c’est un championnat amateur, l’important c’est de se relancer. »

De quoi seront-ils capables à l’issue du championnat ?

Nathalie Noameshie, sa passion, le Volley Ball
Interviews

Volley Ball : Nathalie Noameshie, une femme d’exception du sport togolais

Le volleyball est la passion de Nathalie Noameshie. Et elle la vit pleinement. Première femme arbitre international de Volley Ball en Afrique, Nathalie Noameshie a su aligner courage et détermination, dans un milieu dominé par les hommes, pour être aujourd’hui une femme d’exception de notre sport, un modèle de réussite et un exemple pour les jeunes filles. Revivons le parcours de cette femme battante.

L’itinéraire de Nathalie Noameshie

Nathalie Noameshie doit ces reconnaissances à son expertise et à son engagement.
Passionnée de Volley Ball, Nathalie Noameshie doit son ascension à son expertise et à son engagement.

Très tôt, elle s’attache au volley Ball, poussée par son père, grand passionné de sport. Il faut dire qu’elle n’a pas eu trop de soucis. Nathalie a eu la chance de sortir d’une famille de sportifs et cela va de soi : « J’ai commencé à faire le sport très tôt car dans ma famille, tout le monde pratique une activité physique ; mon père adorait le football et la natation, deux de mes petits frères faisaient du basket et le benjamin était un bon sauteur en longueur et un sprinter. Pour ma part, après avoir pratiqué toutes sortes de disciplines (athlétisme et sports collectifs) au collège, j’ai opté pour le volley-ball qui est un jeu passionnant. » Nous a-t-elle confié.

Le choix du volley Ball pour elle, n’est pas fortuit, Il s’agit d’une discipline qui traduit les valeurs de la solidarité « Le volley-ball est le sport collectif le plus récréatif et le plus compétitif où la notion d’équipe est primordiale et importante. Cela fait développer les valeurs d’entraide, de soutien, et d’efficacité »

Cette passion va la conduire à intégrer le club, Etoile Filante de Lomé au poste de Central et ensuite la sélection universitaire avec laquelle, elle dispute en 1999, les jeux Universitaires d’Accra. L’équipe nationale lui tend les bras en 2004 pour le tournoi international de la Francophonie et de la Solidarité. Compétition que l’équipe nationale togolaise remporta à Lomé. Elle devient définitivement arbitre de Volleyball en 2004 après avoir réussi au « International Referee Candidates Course (Ircc) » à Tunis (Tunisie) en novembre 2004.

De joueuse à dirigeante, Nathalie Noameshie est une femme épanouie

Aujourd’hui, femme épanouie et déterminée, Nathalie Noameshie, depuis lors n’a cessé de gravir les échelons. 2ème vice-présidente de la Fédération Togolaise de Volley Ball, 3ème vice-présidente du Comité National Olympique du Togo, première femme arbitre international de volley Ball en Afrique, Membre de la commission Femme et Sport de l’Association des Comités Nationaux Olympique de l’Afrique (ACNOA), Elle doit ces reconnaissances à son expertise et à son engagement. « Dans la vie, il faut se fixer des objectifs et travailler dur pour les atteindre avec une bonne dose de volonté et de courage. Car lorsqu’on est motivé, on a de la volonté et si on est déterminé, on a du courage. » Dit –elle souvent.

Nathalie Noameshie veut désormais consacrer plus de son temps à l’émancipation des femmes dans le sport. Les préjugés sont certes encore nombreux et retardent les femmes. « Les femmes sont traitées de sexe faible et on dit souvent que le sport rend les femmes costauds et dures. Les femmes sont tiraillées entre vie familiale, sportive et professionnelle. Elles manquent beaucoup de confiance en soi, ce qui les limite. » Souligne-t-elle.

Qui éduque une femme, éduque une nation

Mais si la donne doit changer, seules les femmes doivent en être les détonatrices. « Il faut que cela passe par l’éducation.  Selon un adage « Qui éduque une femme, éduque une nation » Alors les mamans doivent encourager les enfants surtout les filles à faire du sport pendant tout leur cursus scolaire et intégrer un club de sport. Il faut que les parents arrêtent de prendre des dispenses fallacieuses pour leurs enfants. Car le sport permet non seulement de développer les capacités physiques, sportives et intellectuelles mais aussi de développer la confiance en soi, le courage, la détermination et la combativité. En plus le sport améliore la santé, donne plaisir et le bien-être et assure un épanouissement personnel et l’enseignement des valeurs olympiques (excellence, amitié, respect) » A-t-elle ajouté.

Aujourd’hui, les femmes à l’instar de Nathalie Noameshie, ont démontré à suffisance que la gent féminine est capable d’aller au-delà des préjugés, des stéréotypes et s’imposer dans les domaines qui paraissent difficiles, armées de talent, d’expertise, de courage et de volonté. Puissent les jeunes filles éprises de succès, lui emboiter le pas.

GOUNGOU André, Président de la FNB-TOGO
Interviews

Basketball : Bivaïna GOUNGOU déclare que le Basketball togolais ne se porte pas bien

Le président Bivaïna GOUNGOU de la FNB-TOGO, la fédération nationale de basketball, s’est prête au jeu des questions et réponses avec David ASSIMADI, le grand et talentueux journaliste togolais que l’on ne présente plus.  À bâton rompu, il a parlé sans langue de bois des réalités et des temps difficiles que le basketball est en train de vivre dans notre pays. Voici des extraits qui illustrent bien l’interview que Bivaïna GOUNGOU a bien voulu accorder à Se Sports, au micro donc de David ASSIMADI.

La Santé du Basketball au Togo

Comment se porte la discipline Basket que vous portez depuis votre avènement à la tête de la Fédération Togolaise de Basket Ball ?

Le basketball ne se porte pas bien, je crois que vous êtes avec moi, témoin de ce qui se passe. Vous n’avez qu’à voir la manière dont les activités se font. Nous aurons voulu que ça soit mieux que ça, nous avons essayé de faire du travail allant permettre, un peu moins de deux ans, après qu’on ait pris les arènes de cette fédération, mais force est de voir que ce n’est pas la grande satisfaction. Nous aurions voulu que ça aille mieux. Le Basketball togolais, en ce moment, n’est pas celui que nous attendions mais des efforts sont en cours et nous verrons ce que ça va donner.

Il faut trouver des moyens pour sortir le basketball togolais de l’ornière. Vous revenez de voyage. Vous étiez en Suisse pour rencontrer les autorités de la FIBA, que s’est-il dit entre vous, quelles sont les retombées pour le Togo, de cette discussion ?

C’est vrai, On a vraiment besoin des moyens et justement, c’est une série de négociations et de discussions que l’on a commencées et savoir à Abidjan avec le bureau régional Afrique de la FIBA et finalement à Genève avec la FIBA où, j’ai pu rencontrer, pas tous les responsables, j’ai rencontré les responsables du 3X3. Étant donné que c’est une discipline qui va être celle sur laquelle nous allons mettre l’accent pour faire évoluer l’ensemble du basketball.

Les échanges ont été assez longs certes, mais je crois quand même que le principe est acquis que la fédération nationale du Togo ait une assistance de la FIBA. Bien entendu, sous réserve de remplir certaines conditions que nous allons discuter au niveau du bureau exécutif… De toutes les façons, le principe est acquis. La balle est en ce moment dans notre camp…

Le Basketball 3×3 s’installe au Togo

CAN BASKET 3X3 2017 à Lomé. Une séquence explosive du match TOGO vs GHANA
CAN BASKET 3X3 2017 à Lomé. Une séquence explosive du match TOGO vs GHANA
La 1ère phase finale du basket 3X3 a été organisée par le Togo qui a offert une très bonne organisation qui autorise le Togo a organisée la prochaine édition. Quelles sont les conditions que pose FIBA au Togo ?

La première condition était celle de réussir la première édition. Ça a été fait. La FIBA nous l’a confirmé d’ailleurs, et elle n’a pas attendu que nous le demandions pour confier l’organisation de la 2e édition de la phase finale du basket 3X3 au Togo. C’était pratiquement de façon tacite que cette édition nous a été octroyée à nouveau. Aujourd’hui, ce n’est pas la FIBA Afrique qui nous pose des conditions, ce n’est pas elle qui nous dit ce qu’il faut faire, c’est nous-mêmes qui avons cette pression de faire mieux que l’année passée…

Pour la FIBA, la première édition a été digne. Nous avons le devoir aujourd’hui de pouvoir donner une meilleure édition que l’année passée. Au niveau des infrastructures, il y a beaucoup de choses que nous n’avons pas pu mettre au point, lors de la première édition. Il faut que nous puissions améliorer tout, par exemple, rendre les toilettes modernes, avoir de petites boutiques.

Est-ce que ça ne renvoie pas à l’idée d’un hall de sports qui devrait avantager l’organisation de tournoi final de l’envergure d’une phase finale de la CAN de Basket 3X3 ?

Absolument. Les joueurs, les entraineurs en tout cas, tous les acteurs qui étaient là, à qui on a fait des interviews ont exprimé cette nécessité. Un ivoirien, je crois, a interpellé les autorités togolaises pour qu’on puisse mettre en place les infrastructures adéquates comme des salles de sports couvertes…

C’est vrai que les nations qui sont venues jouer au Togo la première édition de la CAN, ont des salles de sports chez eux, et ça leur a paru bizarre de trouver un terrain couvert simplement.  Nous comptons donc mettre au point les infrastructures sportives, améliorer tous les détails relatifs au terrain de jeu pour que tout le monde se sente à l’aise le plus possible.

Le Togo à l’Afro Basket

On va parler des éliminatoires de l’Afro basket. Nous parlons des hommes. Qu’est ce qui se fait ?

Les éliminatoires de l’afro CAN ? Au niveau des hommes, ça ne s’appellera plus afro basket. Je tiens à vous le rappeler. Il y a le nouveau système de jeu aujourd’hui. Tous les quatre ans, va se jouer, une coupe du monde de basket. Les éliminatoires vont se dérouler dans le schéma tel que celui du football, c’est à dire, continent par continent donc. Nous appelons cela, zone par zone. Pour l’Afrique, les 16 meilleures nations à l’issue des éliminatoires joueront les qualifications pour la Coupe du Monde… Les 16 nations qui ont déjà participé à l’afro basket dernier à Tunis vont jouer les qualifications en matchs aller et retour, exactement comme au football. Les cinq meilleures nations représenteront l’Afrique à la Coupe du Monde de Basketball en Chine en 2019.

Pour ce qui concerne les autres pays, donc la division B, à laquelle le Togo appartient, nous joueront l’Afro CAN. 12 nations seront qualifiées. Le Togo participera à cette compétition et les premiers matchs, ce sera à la fin de juin et début juillet.  Nous sommes en ce moment en train de préparer les équipes nationales en seniors hommes et dames. Nous sommes également en pleine préparation pour l’échéance du Tournoi final de la CAN 3X3 en novembre prochain. Pour l’Afro CAN, c’est FIBA qui déterminera les groupes et le Togo connaîtra le groupe auquel il appartient. Il sera dégagé une nation de chaque groupe pour jouer l’Afro CAN. Voilà comment cela va se passer d’ici 2019.

Pour les dames, ce sera comme d’habitude, il y aura des qualificatifs pour l’afro basket dames et bien entendu, pour les catégories inférieures d’âge.

Les ambitions togolaises ?

C’est de pouvoir être premier de notre groupe qualificatif pour participer à l’Afro CAN afin d’améliorer notre classement au 5X5. Aujourd’hui, notre rang est trop bas. Cela nous préoccupe beaucoup, mais nous allons remettre rapidement les choses en place et remonter très vite le classement.

Le Basketball féminin

Qu’en est-il alors des dames ?

Pour les dames, ça va être comme d’habitude. Je crois que nous avons un noyau ici qui travaille déjà avec le sélectionneur national et en ce moment. Nous faisons un entrainement par semaine parce que les clubs utilisent déjà les filles. Les championnats des ligues ne vont pas traîner, et donc mettre plus d’un entrainement par semaine, perturberait un tout petit peu les clubs. Ce qui fait que , on est à ce moment à un entrainement par semaine et on multipliera le nombre de séances avec le temps. Et lorsque cela sera nécessaire, nous ferons venir en renfort , les quelques filles que nous avons actuellement à l’extérieur , en côte d’Ivoire, au Nigéria sans oublier notre grande star qui est en Serbie en ce moment.

Nous avons également identifié des joueuses qui, actuellement évoluent dans des championnats un peu de haut niveau en Europe, au Canada, aux États Unis. Nous sommes en train d’y travailler et je crois que, si les choses se passent bien, nous aurons ce renfort là. Nous pourrions alors mettre en place des équipes nationales pour l’Afro basket chez les dames et l’Afro CAN chez les hommes. Nous verrons également de quelle manière, nous allons préparer les équipes des catégories d’âge inférieures.

Pour réaliser tous ces objectifs, il faut le nerf de la guerre, c’est-à-dire l’argent. Nous avons appris que la Fédération ne s’est vu octroyer par le Gouvernement que 12 millions de FCFA pour organiser et gérer tous ses événements sportifs et toutes ses activités pour cette année 2018.  Si on sait que cette somme d’argent est largement insuffisante, comment allez-vous faire pour vous en sortir ?

La convention d’objectifs, nous l’avons signée, nous l’avons sous la main. Aujourd’hui, il est question d’en faire des demandes et d’avoir les fonds nécessaires. Il nous a été précisé que les 12 millions vont servir au championnat national dont les qualifications, c’est-à-dire la première phase, se jouent dans les ligues régionales. Nous avons le devoir de faire en sorte que la première phase de ces championnats nationaux se déroulent bien afin que nous puissions dégager 12 équipes pour la phase finale. Nous avons eu la précision au ministère, que les douze millions ne doivent servir qu’à l’organisation des championnats nationaux, et non à autre chose.

Bivaïna GOUNGOU pas content sur la question du financement

Donc, il y a une autre ligne budgétaire pour les autres compétitions nationales et également pour les compétitions internationales.

Non, il n’y a pas d’autres lignes budgétaires. La seule ligne qui nous a été réservée est celle des championnats nationaux.

Du coup, les 12 millions de FCFA octroyés par le Gouvernement ne peuvent pas permettre à la fédération de faire face à l’ensemble de ses obligations nationales, sans compter ses obligations internationales, n’est-ce pas ?

C’est cela mais nous sommes obligés de  faire avec. Dites-vous que nous n’avions même pas eu 12 millions, les autres années. Mais nous avons essayé de notre mieux, mais, faute de moyens, nous n’avons pas pu organiser la phase finale des championnats nationaux la saison passée. Certes, cette saison, nous sommes en train de travailler pour que, avec ou sans les 12 millions, nous puissions organiser la phase finale des championnats nationaux et les autres compétitions, notamment la Coupe du Togo, la première phase des championnats dans les ligues régionales et les compétitions internationales qui s’imposent à nous parce que nous y avons déjà engagé le Togo après avoir obtenu l’autorisation du notre Ministère de tutelle.

Le nerf de la guerre, oui, ça c’est clair mais vous savez, nous pensons que la meilleure manière d’assumer nos responsabilités afin de réaliser les objectifs de la fédération dont les missions sont essentiellement de service public, c’est de créer et d’innover là où c’est nécessaire. Certes, aujourd’hui, nous n’avons pas les moyens d’organiser et de gérer tous nos événements sportifs et toutes nos activités y afférentes, mais nous travaillons d’arrache pieds pour disposer des moyens nécessaires, et nous les aurons. Donc, nous avons initié des projets gagnant-gagnant pour des sponsors et des partenaires potentiels.  Ainsi, nous allons pouvoir organiser toutes les compétitions nationales et participer aux compétitions internationales.

Équipe du Togo des année 1960
Mémoires, Togo Foot

Le Togo, pays de virtuoses, doit se replacer parmi les grandes nations de football

Il nous est difficile de reconnaître par les temps qui courent,  l’Équipe Nationale du Togo. Elle ne ressemble à aucune de ses devancières tant ses performances sont médiocres. Dans son ascension vers le haut niveau mondial, de 1998 à 2006, l’Équipe du Togo nous avaient fait rêver, rendus fiers d’être Togolais. Ils ont fait honneur au pays et lui ont rendu sa dignité, l’espace d’un instant sur l’échelle immense du temps. Cette Équipe du Togo, plus connue sous l’appellation des Éperviers du Togo, a réussi le pari de mobiliser tout le peuple pour une qualification historique à une phase finale de la Coupe du Monde. C’était le Mondial 2006, en Allemagne.

Les virtuoses togolaises des années 1950, 1960 et 1970

ASC Étoile Filante de Lomé des années 1960
ASC Étoile Filante de Lomé des années 1960 avec le phénoménal milieu offensif, Docteur Kaolo, et l’extraordinaire gardien de but Tommy Sylvestre.

Ce groupe des Éperviers du Togo du début des années 2000, désormais entré dans l’histoire du football togolais, africain et mondial, a fait honneur aux Équipes du Togo des années 1950, 1960 et 1970, qui furent également des pionniers en leur époque. Le dénominateur commun de toutes ces Équipes du Togo, c’était le socle sur lequel elles furent bâties : des dirigeants compétents et probes, une bonne organisation, une planification efficace et une gestion adéquate des ressources disponibles. À partir de cette base, les dirigeants d’alors ont su mobiliser les ressources complémentaires nécessaires à la réalisation des objectifs. Et les performances ont suivi.

Comme quoi, le talent des footballeurs s’épanouit, leur amour pour le pays se consolide, leur détermination s’accroit et les performances suivent lorsque les équipes bénéficient de ressources humaines compétentes et cultivées, d’une planification, d’une organisation et d’une gestion efficaces.

Les héros de la qualification à la phase finale de la Coupe du Monde 2006

Sur l’effectif total des jeunes joueurs, combien de jeunes footballeurs U20 connaissent les noms et les exploits des Éperviers du Togo qui ont qualifié le Togo à sa première phase finale de la Coupe du Monde, Allemagne 2006 ? Un sondage que nous avons réalisé indique moins de 30%. Et plus le joueur est jeune, plus le taux baisse. Pourtant, à part le regretté arrière central, Tchangaï Massamaesso, paix à son âme, ils sont tous vivants, les Abalo Dosseh, Kader Cougbadja, Nibombe Daré, Agassa Kossi, Olufadé Adekanmi, Mamah Gafar, Shérif Touré, Senaya Junior, tous des héros de la qualification historique. Combien de centres de formation ou de clubs de football les a invités à raconter leur vécu de la campagne de qualification à la Coupe du Monde 2006 ? Combien ? Écouter ce récit de la bouche même des héros aurait eu un grand bénéfice pour les jeunes.

La génération présente de footballeur togolais manque de mémoire historique. La faute en incombe à leurs formateurs qui manifestement ne connaissent pas l’importance de la mémoire dans l’éducation et la formation continue de l’être humain. Sinon, ils auraient mobilisé les ressources nécessaires pour se documenter et faire dispenser à leurs pupilles la formation historique qui sied. Avant de remonter le temps vers les années de luttes acharnées pour vaincre la colonisation et recouvrer la souveraineté des peuples du Togo et réaffirmer celle de la nation togolaise naissante, arrêtons-nous au début des années 2000.

L’Équipe du Togo des années 1950

S’ils connaissent fort peu les héros du 8 octobre 2005, date de la qualification historique au Mondial 2006, qualification obtenue de haute lutte à Brazzaville face à la sélection congolaise, les jeunes footballeurs togolais, sans doute, n’ont jamais entendu parler des virtuoses du ballon rond du passé comme celles qui figurent sur cette photo ci-dessous. En ces temps-là, le Togo inspirait le respect et l’admiration sur la scène internationale. Les Équipes du Togo de cette époque-là n’ont rien à voir les Éperviers du sélectionneur Claude Le Roy, quant aux performances et à la beauté du jeu pratiqué.

« Une époque révolue car avec de tels joueurs, le Togo d’il y a soixante années, donnait du fil à retordre à des sélections nationales ou formations tchécoslovaques, allemandes, de l’ex Yougoslavie » nous révèle Ékoué Satchivi, une mémoire du football togolais. Il évoque : « Le Nigéria, le Burkina (ex Haute-Volta), le Nigéria, le Dahomey (Bénin), la Mauritanie, le Liberia, le Sénégal, le Gabon, le Kenya et autres Cap Vert, voire la Guinée Bissau, éprouvaient moult difficultés en jouant le Togo qui traitait d’égal à égal avec le Ghana, le Mali ou la Côte d’Ivoire. »

Laissons Ékoué Satchivi nous présenter les magiciens de foot des années 1950

Équipe du Togo dans les années 1950
Équipe du Togo dans les années 1950-Des talents dotés d’une grande intelligence de jeu, avaient prouvé que le Togo, géographiquement petit, pouvait devenir une grande nation de football, sinon la meilleure, à condition que les Togolais aient confiance en eux-mêmes et travaillent à réaliser l’objectif.
Sur ce cliché d’archives ci-contre, on peut reconnaître, debout de gauche à droite :

l’inspecteur des sports, Robert Chevron, sélectionneur, et un des pionniers de l’expérimentation au Togo des compétitions sportives en milieu scolaire. Ayivor Comlanvi Kamalotor était un portier fort connu à la Modèle et au sein des Diables Rouges, actuel Dynamic Togolais ( Dyto FC de Lomé ). Têtêvi (Essor de Lomé); Labitey (Essor de Lomé); Klikan (Union Sportive du Togo). Charles Ayivi Fandalor ( Modèle ou Yellow Fever de Lomé), joueur talentueux, il fut reconverti entraîneur du Yellow Fever. Il prit ensuite les commande de la sélection A du Togo. Ensuite, il devint coach de l’Entente 2. Enfin, il occupa les fonctions de Vice-Président de la FTF.

Aux côtés de Charles Ayivi Fandalor, on trouve Oscar Komlan Anthony. C’était un joueur issu d’une famille de sportifs. Défenseur, il a passé par Forêt Inabordable, un club de quartier à Sanoussi-Komé, avant d’éclore sous les couleurs de l’ASC Etoile Filante de Lomé. Il devint entraîneur de l’ASC Etoile Filante de Lomé et perdit en 1968, la finale (5-0 et 1-4) de la Coupe des Clubs Champions (Ligue des Champions de la CAF) face au redoutable TP Englebert (actuel TP Mazembe) de Lubumbashi (RD Congo).

Oscar Komlan Anthony, fut sélectionneur du Togo, entraîneur des Aiglons et expert sportif notamment auprès de Doumbe FC de Mango, Semassi de Sokodé, pendant leurs campagnes africaines. Oscar était de la génération d’autres entraîneurs de renom, notamment Désiré Tossoukpé, Daté Hodê, Charles Fandalor Ayivi, Firmin Aguiar, Jazzar Rodolph (du Racing Club de Lomé) et Santos Adowè. Et enfin, René Florian, sélectionneur adjoint de Robert Chevron. Il prendra plus tard la relève de Chevron aux commandes de la Sélection du Togo.

Accroupis de gauche à droite :

Amégbleto dit Coup Sec (AS PTT). Wilson dit Under Blouse (Modèle). Germain Moèvi (Essor). Il était le frère de Gilbert Moèvi qui évolua au FC Bordeaux en France. Djibril Karimou (ASC Etoile Filante de Lomé). Il fut transféré à AS Monaco où il fut coéquipier d’un certain Michel Hidalgo, futur sélectionneur de l’Équipe de France. Djibril évolua également au FC Toulon. Il fut un des rares joueurs togolais à soulever la Coupe de France. Karion comme on l’appelait, est encore vivant. Il aura bientôt 85 ans.

Et enfin, Edmond Kossivi Afangbédji  (ASC Etoile Filante de Lomé). Il aurait pu faire une excellente carrière en Europe. Mais pour l’amour voué à sa mère malade à l’époque, ce joueur court sur ses jambes, très technique, fin dribbleur, véritable stratège et buteur prolifique que d’aucuns affirment être le « meilleur joueur togolais de tous les temps », déclina l’offre du club Stade de France. Agent de la UAC, il meurt en 1995 à Lomé.

P.S

PS : Une photo publiée par Jonas DOSSEVI, Ancien défenseur central à Clermont Ferrand avec les frères Chiesa. Expert -Comptable togolais à la retraite à Paris, il est le frère aîné d’Otheniel du PSG et de Pierre-Antoine DOSSEVI, du FC Tours, et de Dunkerque (le père biologique des Éperviers Thomas et Mathieu). ©Ekoué Satchivi

Agassa-Kossi, un grand gardien de but togolais
Sélections, Togo Foot

Agassa Kossi, de la lignée des grands gardiens togolais

Qui a suivi de près l’itinéraire de Agassa Kossi ne peut que s’incliner devant son talent. Il fut sans conteste de la lignée des grands gardiens que l’Étoile Filante de Lomé a donnée au Togo à l’instar de Tommy Sylvestre. Il fait partie, c’est indubitable, des grands gardiens Togolais de l’Histoire comme Tsé Tsé, Nibombé Waké, Parito de l’Entente 2 de Lomé.

Agassa Kossi dans la lignée des grands gardiens de but du Togo

Agassa Kossi débute sa carrière à l’Étoile Filante de Lomé au Togo en 1997, avant de rejoindre, en 2001 l’Africa Sport d’Abidjan en première division de Côte d’Ivoire. L’année suivante, il est recruté par le FC Metz qui évolue alors en Ligue 2 avant de monter en Ligue 1 un an après. Il joue son premier match de L1 le 2 août 2003 contre l’AC Ajaccio. Il reste encore trois années au club messin mais n’est pas titulaire.

Ambitieux et désirant inscrire son nom dans l’histoire des grands gardiens de but, il décide alors, en 2006, de tenter sa chance en Espagne à Alicante mais n’y trouve pas le temps de jeu espéré. En règle générale, les joueurs européens sont privilégiés toujours quand ils sont en concurrence avec un joueur Africain aussi meilleur que soit ce dernier. L’Espagne ne fait pas exception. Agassa retourne alors en France.

C’est au Stade de Reims que Kossi Agassa se relance en 2008. À son retour, évidemment, il n’est pas titulaire. Il saisit l’opportunité de la blessure et des mauvaises performances en série de Johan Liébus pour montrer au public enfin son talent et son savoir-faire. Mais la politique officieuse de deux poids deux mesures continue à lui être préjudiciable. Stoïque, le Togolais ne se plaint pas et attend patiemment son heure. Au bout de deux ans, il a accumulé une trentaine de matches sur 76 possibles. Le Stade de Reims descend en National, Agassa tente alors un prêt au FC Istres où il restera une année.

Le retour à Reims

De retour à Reims, il gagne sa place de titulaire au cours de la saison 2010/2011, en réalisant des matchs époustouflants de haut niveau, en particulier contre le Stade Rennais en Coupe de France où il sort deux pénaltys. Le public le réclame. Le 11 mai 2012, le Stade de Reims s’impose sur la pelouse d’Amiens et valide son ticket pour la Ligue 1, notamment grâce à une saison exceptionnelle du portier togolais.

L’international Togolais est nommé parmi les quatre meilleurs gardiens de ligue 2 pour les trophées UNFP mais c’est finalement un joueur européen de Bastia qui est récompensé. C’est ici encore et toujours le deux poids deux mesures.

En 2013, Kossi Agassa remporte enfin le Togo Football Awards du meilleur joueur togolais évoluant à l’étranger. Jusqu’ici, il était toujours barré par Sheyi Adebayor, le génial et phénoménal attaquant des Éperviers du Togo.

Avec 12 matches joués en tout et pour tout cette saison avec l’équipe première de Reims, Kossi Agassa n’a pas connu une saison pleine. Pourtant ce n’est pas le talent qui lui manque, ni non plus le travail abattu lors des séances d’entraînement. C’est que dans la vie, il y a de ces moments où rien ne va, malgré tous les efforts consentis, et on ne comprend pas pourquoi. Le gardien de but international a connu des hauts et des bas. Il s’est sorti toujours des périodes difficiles. C’est le signe des grands.

Les Togolais comptent sur leur grand gardien pour conduire les Éperviers du Togo à la victoire au Libéria. La tâche ne sera pas pour autant aisée.

Expertise

Missions et enjeux véritables du sport

Le sport n’a pas uniquement pour but de divertir les foules. Il sert surtout à bâtir ou à détruire des États ou des nations.

Le sport est une arme puissante du « soft war ». Les compétitions sportives sont des guerres psychologiques et mentales. Parce qu’elles touchent aux tréfonds même des individus et aux capacités mentales des peuples, ces « guerres douces » comme on les appelle, ont des effets beaucoup plus dévastateurs que les guerres conventionnelles. Pour le commun des mortels, les compétitions sportives ne sont rien d’autre que des divertissements, mais il réagit émotionnellement comme si elles servaient à conférer aux vainqueurs et aux vaincus des statuts de Puissants ou de Vassaux, de Maîtres ou d’Esclaves. Et comme les peuples n’aiment pas la vassalité ou l’esclavage, on peut aisément deviner leur réaction en cas d’une série de défaites.

Les enjeux d’ordre psychologique et mental du sport

Dans les compétitions sportives, le gain d’un match n’est pas que le plaisir éphémère de la victoire. Le véritable enjeu est d’ordre psychologique et mental. En effet, une série de victoires ou de belles performances est toujours synonyme de fierté individuelle, d’honneur et de dignité du peuple. Elle assure le rapprochement entre les populations, les dirigeants sportifs et politiques d’un même État. Elle contribue enfin au renforcement de la cohésion sociale et de l’unité nationale.

Au contraire, une série de défaites ou de prestations médiocres s’apparente pour le peuple à une incapacité de ses dirigeants sportifs et politiques à assurer une bonne gouvernance. Elle illustre de ce fait, l’incapacité des autorités à prendre les bonnes décisions devant permettre la régularité dans les performances. Les défaites successives représentent donc aux yeux des populations, l’image même de l’incompétence le plus abject de leurs dirigeants. Dès lors, elles n’auront d’autres objectifs que de se débarrasser de leurs dirigeants. Le sport n’est pas donc qu’un simple spectacle ayant pour finalité de divertir les foules.

L’essence du sport

L’essence du sport, c’est d’une part, d’inculquer et diffuser les valeurs de la société humaine : vertus du savoir, du savoir-faire, de la performance et du partage. D’autre part, c’est de véhiculer des fonctions symboliques typiques de la société humaine, notamment la fonction cathartique de modèle d’identification et de modèle d’ascension sociale.

Le sport développe de véritables modèles d’identification dans la mesure où les sportifs qui réalisent des performances de haut niveau sont perçus comme des héros, des mythes vivants, des exemples à suivre.

Le sport, en tant que modèle d’ascension sociale, permet :

  1. de briser certains stéréotypes négatifs attachés à certaines populations stigmatisées, dans la mesure où l’achèvement ou la réussite d’une performance permet de relier des caractéristiques positives aux populations initialement marquées ;
  2. de fournir ou d’amener une issue possible à une situation devenue socialement inconfortable.

Une équipe sportive performante permet aux individus d’une même communauté ou aux populations hétérogènes d’un même territoire de penser un destin commun, de trouver un point de ralliement pour satisfaire leur soif de bien-être, de fierté, de dignité et d’honneur, pour construire, unies, une nation souveraine et respectée. Tout dirigeant qui ne s’inscrit pas dans cette logique est condamné à être chassé du pouvoir par son peuple. Les dirigeants togolais n’échapperont pas à leur sort s’ils continuent à laisser courir la dynamique des mauvaises prestations.

Les enjeux réels des compétitions internationales

Lorsqu’on joue un match amical ou de compétition, le véritable enjeu est d’ordre psychologique et mental. Lorsqu’une nation réalise de belles performances, elle est célébrée avec beaucoup de ferveur. On lui témoigne de l’admiration et du respect pour l’efficacité de son organisation, la justesse de sa planification et la bonne gestion de ses ressources humaines, financières, techniques et matérielles.

Cependant, lorsqu’une nation réalise des séries de contre-performances, on pense légitimement que ses autorités politiques et sportifs sont des incompétents, donc indignes de diriger. Cette pensée, dans toute nation, est le premier pas qui conduit aux révoltes populaires ou aux révolutions sanglantes de palais. C’est un fait qu’il existe au tréfonds de l’être humain, une détestation et une haine absolues de la mauvaise gouvernance, fille d’un manque de connaissances et de volonté de progresser, deux facteurs qui contribuent à l’élimination physique et mentale définitive de tout individu ou de tout peuple qui en souffre.

À l’exception de l’intermède des deux mandats du président Rock Gnassingbé de 1998 à 2006, mandats qui ont connu la qualification assez régulière du pays aux phases finales de la CAN et culminé avec une qualification historique à la phase finale de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, sans oublier l’épisode de la qualification en quart de finale de la CAN en 2010 en Afrique du Sud, le Togo de 1984 jusqu’à nos jours a accumulé les contre-performances sur la scène internationale. Le sélectionneur Claude Le Roy prolonge cette anomalie à la tête des Éperviers, avec tout l’appui manifeste des autorités sportives et politiques. C’est tout dire.

Les dirigeants sportifs et politiques du Togo sont condamnés à disparaître si…

Cette dynamique d’échecs et de défaites semble inéluctable. Elle sape le moral des Togolais et les rends rétifs aux discours de leurs autorités sportives et politiques, du président de la république aux autorités locales. La révolte gronde sourdement et une révolution de palais se profile à l’horizon, tant la situation intérieure est devenue intenable.

Les dirigeants togolais se condamnent à disparaître s’ils maintiennent le cap actuel de la mauvaise gestion de la chose sportive, de la mauvaise gouvernance caractérisée par l’ignorance ou la méconnaissances des besoins réels du peuple. Quel sera le déclic, l’élément déclencheur de la révolte populaire ou de la révolution de palais qui s’annonce ? Personne ne le sait. Mais, un jour, probablement proche, une défaite sportive de trop peut être l’étincelle qui fait sauter la poudrière. Et le football étant la seconde religion des Togolais…