Lionel Messi- Imae de MundoDeportivo-Web
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Sondage occulté par France Football sur le Ballon d’Or

L’attribution du Ballon d’Or poserait-il un problème de parti pris à France Football ? Oui, si l’on en croit un article paru sur mundodeportivo.com. Le site web du journal espagnol, MUNDO DEPORTIVO écrit : « la revue France Football qui décerne le Ballon d’Or, a posté sur son site web, un sondage suite à la publication de la liste des 30 finalistes. C’est pour connaître le meilleur candidat éligible au Ballon d’Or pour l’année 2018. Après une journée et plus de 700 000 votes, France Football a supprimé le sondage. Celui-ci indiquait que Lionel Messi accumulait le plus de vote, soit 48% des votes émis. »

Le Ballon d’Or à Messi, dit le public, France Football serait-il contre ?

Pour le site web de Mundo Deportivo, le choix du joueur de FC Barcelone par le public sportif s’expliquait par sa régularité et ses prestations de haut vol. Leo Messi a été au plus haut niveau européen durant l’année 2018, bien que le Barça n’ait pas gagné la Ligue des Champions et que l’Argentine de Messi ait été éliminée en Coupe du Monde 2018 par la France.

Le journal espagnol continue : « Toutefois, le vote du public sportif n’est pas pris en compte pour l’octroi du Ballon d’Or. C’est un jury composé exclusivement de journalistes d’organes de presse qui décide du vainqueur du prix. »

Et Mundo Deportivo conclut : « Le plus surprenant, vu la suppression du sondage sur le candidat le plus éligible pour être le Ballon d’Or 2018, c’est le maintien du sondage sur le Trophée Kopa qui récompense le meilleur but de l’année. Dans ce sondage, l’attaquant de Milan, Patrick Cutrone est largement en avance sur le second. »

Eh oui, on peut effectivement s’interroger. Pourquoi le journal France Football a-t-il supprimé le sondage favorable au dieu argentin de football ?

Le sondage occulté

Sondage sur le Ballon d'Or occulté par France Football
Sondage sur le Ballon d’Or occulté par France Football

Source : https://www.mundodeportivo.com/futbol/fc-barcelona/20181011/452291693421/messi-barcelona-barca-balon-de-oro-france-football-encuesta.html

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Missions et enjeux véritables du sport

Le sport n’a pas uniquement pour but de divertir les foules. Il sert surtout à bâtir ou à détruire des États ou des nations.

Le sport est une arme puissante du « soft war ». Les compétitions sportives sont des guerres psychologiques et mentales. Parce qu’elles touchent aux tréfonds même des individus et aux capacités mentales des peuples, ces « guerres douces » comme on les appelle, ont des effets beaucoup plus dévastateurs que les guerres conventionnelles. Pour le commun des mortels, les compétitions sportives ne sont rien d’autre que des divertissements, mais il réagit émotionnellement comme si elles servaient à conférer aux vainqueurs et aux vaincus des statuts de Puissants ou de Vassaux, de Maîtres ou d’Esclaves. Et comme les peuples n’aiment pas la vassalité ou l’esclavage, on peut aisément deviner leur réaction en cas d’une série de défaites.

Les enjeux d’ordre psychologique et mental du sport

Dans les compétitions sportives, le gain d’un match n’est pas que le plaisir éphémère de la victoire. Le véritable enjeu est d’ordre psychologique et mental. En effet, une série de victoires ou de belles performances est toujours synonyme de fierté individuelle, d’honneur et de dignité du peuple. Elle assure le rapprochement entre les populations, les dirigeants sportifs et politiques d’un même État. Elle contribue enfin au renforcement de la cohésion sociale et de l’unité nationale.

Au contraire, une série de défaites ou de prestations médiocres s’apparente pour le peuple à une incapacité de ses dirigeants sportifs et politiques à assurer une bonne gouvernance. Elle illustre de ce fait, l’incapacité des autorités à prendre les bonnes décisions devant permettre la régularité dans les performances. Les défaites successives représentent donc aux yeux des populations, l’image même de l’incompétence le plus abject de leurs dirigeants. Dès lors, elles n’auront d’autres objectifs que de se débarrasser de leurs dirigeants. Le sport n’est pas donc qu’un simple spectacle ayant pour finalité de divertir les foules.

L’essence du sport

L’essence du sport, c’est d’une part, d’inculquer et diffuser les valeurs de la société humaine : vertus du savoir, du savoir-faire, de la performance et du partage. D’autre part, c’est de véhiculer des fonctions symboliques typiques de la société humaine, notamment la fonction cathartique de modèle d’identification et de modèle d’ascension sociale.

Le sport développe de véritables modèles d’identification dans la mesure où les sportifs qui réalisent des performances de haut niveau sont perçus comme des héros, des mythes vivants, des exemples à suivre.

Le sport, en tant que modèle d’ascension sociale, permet :

  1. de briser certains stéréotypes négatifs attachés à certaines populations stigmatisées, dans la mesure où l’achèvement ou la réussite d’une performance permet de relier des caractéristiques positives aux populations initialement marquées ;
  2. de fournir ou d’amener une issue possible à une situation devenue socialement inconfortable.

Une équipe sportive performante permet aux individus d’une même communauté ou aux populations hétérogènes d’un même territoire de penser un destin commun, de trouver un point de ralliement pour satisfaire leur soif de bien-être, de fierté, de dignité et d’honneur, pour construire, unies, une nation souveraine et respectée. Tout dirigeant qui ne s’inscrit pas dans cette logique est condamné à être chassé du pouvoir par son peuple. Les dirigeants togolais n’échapperont pas à leur sort s’ils continuent à laisser courir la dynamique des mauvaises prestations.

Les enjeux réels des compétitions internationales

Lorsqu’on joue un match amical ou de compétition, le véritable enjeu est d’ordre psychologique et mental. Lorsqu’une nation réalise de belles performances, elle est célébrée avec beaucoup de ferveur. On lui témoigne de l’admiration et du respect pour l’efficacité de son organisation, la justesse de sa planification et la bonne gestion de ses ressources humaines, financières, techniques et matérielles.

Cependant, lorsqu’une nation réalise des séries de contre-performances, on pense légitimement que ses autorités politiques et sportifs sont des incompétents, donc indignes de diriger. Cette pensée, dans toute nation, est le premier pas qui conduit aux révoltes populaires ou aux révolutions sanglantes de palais. C’est un fait qu’il existe au tréfonds de l’être humain, une détestation et une haine absolues de la mauvaise gouvernance, fille d’un manque de connaissances et de volonté de progresser, deux facteurs qui contribuent à l’élimination physique et mentale définitive de tout individu ou de tout peuple qui en souffre.

À l’exception de l’intermède des deux mandats du président Rock Gnassingbé de 1998 à 2006, mandats qui ont connu la qualification assez régulière du pays aux phases finales de la CAN et culminé avec une qualification historique à la phase finale de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, sans oublier l’épisode de la qualification en quart de finale de la CAN en 2010 en Afrique du Sud, le Togo de 1984 jusqu’à nos jours a accumulé les contre-performances sur la scène internationale. Le sélectionneur Claude Le Roy prolonge cette anomalie à la tête des Éperviers, avec tout l’appui manifeste des autorités sportives et politiques. C’est tout dire.

Les dirigeants sportifs et politiques du Togo sont condamnés à disparaître si…

Cette dynamique d’échecs et de défaites semble inéluctable. Elle sape le moral des Togolais et les rends rétifs aux discours de leurs autorités sportives et politiques, du président de la république aux autorités locales. La révolte gronde sourdement et une révolution de palais se profile à l’horizon, tant la situation intérieure est devenue intenable.

Les dirigeants togolais se condamnent à disparaître s’ils maintiennent le cap actuel de la mauvaise gestion de la chose sportive, de la mauvaise gouvernance caractérisée par l’ignorance ou la méconnaissances des besoins réels du peuple. Quel sera le déclic, l’élément déclencheur de la révolte populaire ou de la révolution de palais qui s’annonce ? Personne ne le sait. Mais, un jour, probablement proche, une défaite sportive de trop peut être l’étincelle qui fait sauter la poudrière. Et le football étant la seconde religion des Togolais…