GOUNGOU André, Président de la FNB-TOGO
Interviews

Basketball : Bivaïna GOUNGOU déclare que le Basketball togolais ne se porte pas bien

Le président Bivaïna GOUNGOU de la FNB-TOGO, la fédération nationale de basketball, s’est prête au jeu des questions et réponses avec David ASSIMADI, le grand et talentueux journaliste togolais que l’on ne présente plus.  À bâton rompu, il a parlé sans langue de bois des réalités et des temps difficiles que le basketball est en train de vivre dans notre pays. Voici des extraits qui illustrent bien l’interview que Bivaïna GOUNGOU a bien voulu accorder à Se Sports, au micro donc de David ASSIMADI.

La Santé du Basketball au Togo

Comment se porte la discipline Basket que vous portez depuis votre avènement à la tête de la Fédération Togolaise de Basket Ball ?

Le basketball ne se porte pas bien, je crois que vous êtes avec moi, témoin de ce qui se passe. Vous n’avez qu’à voir la manière dont les activités se font. Nous aurons voulu que ça soit mieux que ça, nous avons essayé de faire du travail allant permettre, un peu moins de deux ans, après qu’on ait pris les arènes de cette fédération, mais force est de voir que ce n’est pas la grande satisfaction. Nous aurions voulu que ça aille mieux. Le Basketball togolais, en ce moment, n’est pas celui que nous attendions mais des efforts sont en cours et nous verrons ce que ça va donner.

Il faut trouver des moyens pour sortir le basketball togolais de l’ornière. Vous revenez de voyage. Vous étiez en Suisse pour rencontrer les autorités de la FIBA, que s’est-il dit entre vous, quelles sont les retombées pour le Togo, de cette discussion ?

C’est vrai, On a vraiment besoin des moyens et justement, c’est une série de négociations et de discussions que l’on a commencées et savoir à Abidjan avec le bureau régional Afrique de la FIBA et finalement à Genève avec la FIBA où, j’ai pu rencontrer, pas tous les responsables, j’ai rencontré les responsables du 3X3. Étant donné que c’est une discipline qui va être celle sur laquelle nous allons mettre l’accent pour faire évoluer l’ensemble du basketball.

Les échanges ont été assez longs certes, mais je crois quand même que le principe est acquis que la fédération nationale du Togo ait une assistance de la FIBA. Bien entendu, sous réserve de remplir certaines conditions que nous allons discuter au niveau du bureau exécutif… De toutes les façons, le principe est acquis. La balle est en ce moment dans notre camp…

Le Basketball 3×3 s’installe au Togo

CAN BASKET 3X3 2017 à Lomé. Une séquence explosive du match TOGO vs GHANA
CAN BASKET 3X3 2017 à Lomé. Une séquence explosive du match TOGO vs GHANA
La 1ère phase finale du basket 3X3 a été organisée par le Togo qui a offert une très bonne organisation qui autorise le Togo a organisée la prochaine édition. Quelles sont les conditions que pose FIBA au Togo ?

La première condition était celle de réussir la première édition. Ça a été fait. La FIBA nous l’a confirmé d’ailleurs, et elle n’a pas attendu que nous le demandions pour confier l’organisation de la 2e édition de la phase finale du basket 3X3 au Togo. C’était pratiquement de façon tacite que cette édition nous a été octroyée à nouveau. Aujourd’hui, ce n’est pas la FIBA Afrique qui nous pose des conditions, ce n’est pas elle qui nous dit ce qu’il faut faire, c’est nous-mêmes qui avons cette pression de faire mieux que l’année passée…

Pour la FIBA, la première édition a été digne. Nous avons le devoir aujourd’hui de pouvoir donner une meilleure édition que l’année passée. Au niveau des infrastructures, il y a beaucoup de choses que nous n’avons pas pu mettre au point, lors de la première édition. Il faut que nous puissions améliorer tout, par exemple, rendre les toilettes modernes, avoir de petites boutiques.

Est-ce que ça ne renvoie pas à l’idée d’un hall de sports qui devrait avantager l’organisation de tournoi final de l’envergure d’une phase finale de la CAN de Basket 3X3 ?

Absolument. Les joueurs, les entraineurs en tout cas, tous les acteurs qui étaient là, à qui on a fait des interviews ont exprimé cette nécessité. Un ivoirien, je crois, a interpellé les autorités togolaises pour qu’on puisse mettre en place les infrastructures adéquates comme des salles de sports couvertes…

C’est vrai que les nations qui sont venues jouer au Togo la première édition de la CAN, ont des salles de sports chez eux, et ça leur a paru bizarre de trouver un terrain couvert simplement.  Nous comptons donc mettre au point les infrastructures sportives, améliorer tous les détails relatifs au terrain de jeu pour que tout le monde se sente à l’aise le plus possible.

Le Togo à l’Afro Basket

On va parler des éliminatoires de l’Afro basket. Nous parlons des hommes. Qu’est ce qui se fait ?

Les éliminatoires de l’afro CAN ? Au niveau des hommes, ça ne s’appellera plus afro basket. Je tiens à vous le rappeler. Il y a le nouveau système de jeu aujourd’hui. Tous les quatre ans, va se jouer, une coupe du monde de basket. Les éliminatoires vont se dérouler dans le schéma tel que celui du football, c’est à dire, continent par continent donc. Nous appelons cela, zone par zone. Pour l’Afrique, les 16 meilleures nations à l’issue des éliminatoires joueront les qualifications pour la Coupe du Monde… Les 16 nations qui ont déjà participé à l’afro basket dernier à Tunis vont jouer les qualifications en matchs aller et retour, exactement comme au football. Les cinq meilleures nations représenteront l’Afrique à la Coupe du Monde de Basketball en Chine en 2019.

Pour ce qui concerne les autres pays, donc la division B, à laquelle le Togo appartient, nous joueront l’Afro CAN. 12 nations seront qualifiées. Le Togo participera à cette compétition et les premiers matchs, ce sera à la fin de juin et début juillet.  Nous sommes en ce moment en train de préparer les équipes nationales en seniors hommes et dames. Nous sommes également en pleine préparation pour l’échéance du Tournoi final de la CAN 3X3 en novembre prochain. Pour l’Afro CAN, c’est FIBA qui déterminera les groupes et le Togo connaîtra le groupe auquel il appartient. Il sera dégagé une nation de chaque groupe pour jouer l’Afro CAN. Voilà comment cela va se passer d’ici 2019.

Pour les dames, ce sera comme d’habitude, il y aura des qualificatifs pour l’afro basket dames et bien entendu, pour les catégories inférieures d’âge.

Les ambitions togolaises ?

C’est de pouvoir être premier de notre groupe qualificatif pour participer à l’Afro CAN afin d’améliorer notre classement au 5X5. Aujourd’hui, notre rang est trop bas. Cela nous préoccupe beaucoup, mais nous allons remettre rapidement les choses en place et remonter très vite le classement.

Le Basketball féminin

Qu’en est-il alors des dames ?

Pour les dames, ça va être comme d’habitude. Je crois que nous avons un noyau ici qui travaille déjà avec le sélectionneur national et en ce moment. Nous faisons un entrainement par semaine parce que les clubs utilisent déjà les filles. Les championnats des ligues ne vont pas traîner, et donc mettre plus d’un entrainement par semaine, perturberait un tout petit peu les clubs. Ce qui fait que , on est à ce moment à un entrainement par semaine et on multipliera le nombre de séances avec le temps. Et lorsque cela sera nécessaire, nous ferons venir en renfort , les quelques filles que nous avons actuellement à l’extérieur , en côte d’Ivoire, au Nigéria sans oublier notre grande star qui est en Serbie en ce moment.

Nous avons également identifié des joueuses qui, actuellement évoluent dans des championnats un peu de haut niveau en Europe, au Canada, aux États Unis. Nous sommes en train d’y travailler et je crois que, si les choses se passent bien, nous aurons ce renfort là. Nous pourrions alors mettre en place des équipes nationales pour l’Afro basket chez les dames et l’Afro CAN chez les hommes. Nous verrons également de quelle manière, nous allons préparer les équipes des catégories d’âge inférieures.

Pour réaliser tous ces objectifs, il faut le nerf de la guerre, c’est-à-dire l’argent. Nous avons appris que la Fédération ne s’est vu octroyer par le Gouvernement que 12 millions de FCFA pour organiser et gérer tous ses événements sportifs et toutes ses activités pour cette année 2018.  Si on sait que cette somme d’argent est largement insuffisante, comment allez-vous faire pour vous en sortir ?

La convention d’objectifs, nous l’avons signée, nous l’avons sous la main. Aujourd’hui, il est question d’en faire des demandes et d’avoir les fonds nécessaires. Il nous a été précisé que les 12 millions vont servir au championnat national dont les qualifications, c’est-à-dire la première phase, se jouent dans les ligues régionales. Nous avons le devoir de faire en sorte que la première phase de ces championnats nationaux se déroulent bien afin que nous puissions dégager 12 équipes pour la phase finale. Nous avons eu la précision au ministère, que les douze millions ne doivent servir qu’à l’organisation des championnats nationaux, et non à autre chose.

Bivaïna GOUNGOU pas content sur la question du financement

Donc, il y a une autre ligne budgétaire pour les autres compétitions nationales et également pour les compétitions internationales.

Non, il n’y a pas d’autres lignes budgétaires. La seule ligne qui nous a été réservée est celle des championnats nationaux.

Du coup, les 12 millions de FCFA octroyés par le Gouvernement ne peuvent pas permettre à la fédération de faire face à l’ensemble de ses obligations nationales, sans compter ses obligations internationales, n’est-ce pas ?

C’est cela mais nous sommes obligés de  faire avec. Dites-vous que nous n’avions même pas eu 12 millions, les autres années. Mais nous avons essayé de notre mieux, mais, faute de moyens, nous n’avons pas pu organiser la phase finale des championnats nationaux la saison passée. Certes, cette saison, nous sommes en train de travailler pour que, avec ou sans les 12 millions, nous puissions organiser la phase finale des championnats nationaux et les autres compétitions, notamment la Coupe du Togo, la première phase des championnats dans les ligues régionales et les compétitions internationales qui s’imposent à nous parce que nous y avons déjà engagé le Togo après avoir obtenu l’autorisation du notre Ministère de tutelle.

Le nerf de la guerre, oui, ça c’est clair mais vous savez, nous pensons que la meilleure manière d’assumer nos responsabilités afin de réaliser les objectifs de la fédération dont les missions sont essentiellement de service public, c’est de créer et d’innover là où c’est nécessaire. Certes, aujourd’hui, nous n’avons pas les moyens d’organiser et de gérer tous nos événements sportifs et toutes nos activités y afférentes, mais nous travaillons d’arrache pieds pour disposer des moyens nécessaires, et nous les aurons. Donc, nous avons initié des projets gagnant-gagnant pour des sponsors et des partenaires potentiels.  Ainsi, nous allons pouvoir organiser toutes les compétitions nationales et participer aux compétitions internationales.

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